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Un jour ou l’autre, de nombreuses personnes éprouvent le désir de se lancer dans une entreprise individuelle. Que ce soit pour créer leur job en tant qu’autoentrepreneur, pour racheter une société en difficulté ou pour partir tenter leur chance à l’étranger. Quitter le salariat, conquérir des marchés et réussir enfin à être reconnu et rémunéré à la hauteur de ses compétences : voilà un rêve qui peut devenir réalité si vous avez le profil type de l’entrepreneur. Voyons à présent comment déterminer si vous possédez les qualités indispensables pour voler de vos propres ailes.

Avez-vous le profil type de l’entrepreneur ?

 

En 1925, le neurologue Édouard Claparède évoquait le profil psychologique comme « un ensemble des traits caractéristiques que présente une personne ou une catégorie de personnes » (Archives de psychologie, tome 19, page 267). 

Dans le domaine professionnel, on parlera surtout de profil de compétences. Plusieurs définitions existent. Celle qui est donnée par l’expert international, Guy le Boterf, nous apparaît parfaitement adaptée à ceux qui veulent entreprendre.

Selon lui, « la compétence est la résultante de trois facteurs ; le savoir-agir qui suppose de savoir combiner et mobiliser des ressources pertinentes (connaissances, savoir-faire, réseaux) ; le vouloir-agir qui se réfère à la motivation et l’engagement personnel du sujet ; le pouvoir-agir qui renvoie à l’existence d’un contexte, d’une organisation du travail, de conditions sociales qui rendent possibles et légitimes la prise de responsabilité et la prise de risque de l’individu ».

Les trois facteurs évoqués ci-dessus nécessitent de mettre en œuvre des qualités très différentes.

Le savoir-agir est directement rattaché aux compétences acquises, aux ressources disponibles pour les augmenter et au réseau professionnel déjà développé. Ce savoir peut être quantifié d’une manière objective. Il est toujours améliorable à partir du moment où la volonté d’agir est bien présente.  

Ainsi, on constate que les sujets qui ont suivi de longues études ont souvent acquis une bonne organisation dans leur travail. Ils ont eu l’occasion de nouer des relations tout au long de leur cursus et entretiennent régulièrement leur réseau professionnel. On pourrait donc imaginer qu’ils sont plus facilement tentés de se lancer dans la création d’une entreprise. Et pourtant c’est loin d’être toujours le cas, car il manque à beaucoup d’entre eux un élément primordial : la volonté d’agir.

Le vouloir-agir est un facteur qui est corrélé avec la personnalité. C’est ainsi qu’on voit des sujets brillants qui ne franchissent jamais la barrière qui les sépare du monde de l’entrepreneuriat. Cela peut provenir d’un manque de confiance en soi, d’une réserve naturelle, d’une certaine timidité, d’un manque d’audace… Alors que d’autres, moins pourvus en atouts professionnels, vont tenter de relever le défi.

Le pouvoir-agir, troisième facteur, est plus ambivalent, car il se rattache à la fois aux acquis, aux ressources, au contexte et à la personnalité. D’une manière générale, le pouvoir-agir est proportionnel aux moyens objectifs de chacun, mais ce qui fait la grande différence entre les sujets réside toujours dans leur volonté d’entreprendre, un des éléments marquants de leur personnalité.

C’est ainsi qu’à côté de Mark Zuckerberg qui a étudié à Harvard, on trouve Bill Gates qui y est entré, mais n’a pas fini son cursus ou encore un autodidacte français comme Xavier Niel qui est aujourd’hui principal actionnaire de Free et copropriétaire du journal Le Monde.

Alors, quels sont les traits communs entre ces grands patrons qui se sont lancés dans d’incroyables défis avec un bagage si diversifié ?

Quel outil choisir pour définir le profil type de l’entrepreneur ?

La psychologie différentielle s’est toujours passionnée pour la personnalité du sujet. Il existe de nombreux tests pour déterminer si un individu possède les qualités essentielles pour occuper un poste de dirigeant. Ils peuvent donc être utilisés par tous ceux qui désirent se lancer (et perdurer !) dans l’entrepreneuriat. Le Big Five Inventory (BFI) de John, Donahue et Kentle (1991) est un test qui est reconnu dans le monde scientifique et qui a fait ses preuves pour cerner les traits de personnalité communs aux entrepreneurs.

Ce test d’auto-évaluation permet de définir les cinq grands traits de la personnalité. Sous l’acronyme OCEAN, on retrouve ainsi l’Ouverture, la Conscienciosité, l’Extraversion, l’Agréabilité et le Névrosisme. Quarante-quatre items sous la forme de phrases très courtes, sont proposés au sujet. Ce sont des affirmations qui débutent toutes par « Je me considère comme une personne qui…». Cinq réponses sont possibles sur une échelle de valeurs (désapprobation formelle, légère désapprobation, ni désapprobation ni approbation, légère approbation, forte approbation). Les scores obtenus pour chaque trait permettent de révéler quelles sont les prédispositions du candidat à l’entreprise dans les sphères de la cognition, de l’émotion et de l’action.

Premier trait : Ouverture

Un score élevé met en avant une personnalité curieuse avec un intérêt patent pour les expériences novatrices. À l’opposé, un score bas indique un besoin de vivre des situations familières avec une pointe de conservatisme et un goût prononcé pour ce qui est conventionnel. 

Deuxième trait : Conscienciosité

Un score élevé révèle un sujet responsable, organisé et sur qui on peut s’appuyer. C’est quelqu’un qui réfléchit avant d’agir et demeure toujours prudent. À l’extrême, cela peut devenir un obstacle à l’action par un excès de méticulosité. Par contre un score très bas caractérise une personne assez frivole, plutôt négligente et étourdie.

Troisième trait : Extraversion

Un score élevé indique un individu sociable qui sait travailler avec une équipe. Il est plutôt loquace et parvient facilement à communiquer son enthousiasme aux autres, mais il peut être impulsif. Un score bas dénote un sujet plus réservé qui apprécie surtout de travailler seul. Il est calme et régulier dans la tâche.

Quatrième trait : Agréabilité

Ce trait est assez représentatif du comportement du sujet avec autrui. Selon le résultat obtenu, on peut ainsi aller de l’égocentrisme pur et dur à l’altruisme le plus profond avec pour conséquence le risque d’être facilement manipulé. 

Cinquième trait : Névrosisme

Ce trait de personnalité varie sur une échelle qui va de l’instabilité à la stabilité. Il est le reflet de la tendance à réagir aux affects de la réalité. Un score bas montre que le sujet se focalise sur les aspects négatifs de la vie. À l’opposé, un score élevé indique une stabilité émotionnelle correcte, donc une aptitude à maîtriser le stress engendré par certaines situations.

Le profil type de l’entrepreneur : un judicieux dosage au milieu de l’OCEAN ! 

Dans un test comme celui des Big Five Inventory, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il s’agit de s’exprimer le plus honnêtement possible et de ne pas confondre ce que l’on est avec ce que l’on voudrait être.

Les entrepreneurs sont généralement des personnes audacieuses, avides de nouveauté, tenaces et capables de travailler seules. Mais il leur faut également faire preuve d’une dose de prudence pour éviter de se lancer dans des aventures trop hasardeuses. Elles ne sont ni égocentrées ni altruistes, mais elles savent adapter leur comportement en fonction des situations qu’elles rencontrent.

Elles ont une passion pour ce qu’elles font tout en gardant une certaine stabilité émotionnelle qui leur permet de ne pas être trop impactées par les aspects négatifs de la vie. Ce ne sont pas non plus des “bisounours” et elles savent faire face à la réalité même lorsqu’elle est déplaisante.

En conclusion, on peut raisonnablement penser que des scores qui se rapprochent de la moyenne dans les cinq traits du Big Five sont d’excellents prédicteurs pour de futurs entrepreneurs.

Michèle DAVID, rédactrice Web SEO, ancienne élève Origami 3

Sources :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00672284/document

Rolland J-P (2004) : l’évaluation de la personnalité/le modèle en cinq facteurs, Ed. Mardaga – Collection Pratiques psychologiques

LE BOTERF G. (2005) : Construire les compétences individuelles et collectives, Paris, Éditions d’Organisation

 

 

 

 

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