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Faites-vous partie de ces 9,5 % de salariés qui ont un travail à mourir d’ennui ? Et ce n’est pas une métaphore : s’embêter au travail peut avoir des conséquences dramatiques pour votre santé. Je ne parle pas de ces formidables journées de répit où, pour une fois, vous n’avez rien à faire. Ici, on va aborder le manque de travail chronique, qui vous donne honte, détruit votre estime personnelle et vous stresse. Ce mal silencieux, c’est le syndrome de l’épuisement professionnel par l’ennui. Son petit nom, c’est le boreout. Cet article vous explique en détail de quoi il s’agit, et surtout comment l’éviter.

Définition du boreout

Il s’agit d’une pathologie du travail qui trouve sa source dans l’ennui, et provoque un mal-être tel qu’il peut conduire à la maladie, mentale ou physique.

Le terme est apparu en 2007 dans le livre Diagnose Boreout de Philippe Rothlin et Peter Werder, deux consultants d’affaires. Le boreout et le burn-out sont les deux faces d’une même maladie : l’épuisement professionnel (et toutes les joyeusetés qui en découlent). Le premier est dû à un manque de travail récurrent, et le second à une surcharge.

On le détecte difficilement : personne n’ose se plaindre d’être « payé à ne rien faire » lorsque le chômage atteint, en moyenne, 8,5 % de la population active. Autant le dire tout de suite : dans la conjoncture économique, se barbifier à son poste est tabou !

Qui est concerné par le boreout ?

Le sondage du cabinet d’intérim qapa.fr a beaucoup fait parler de lui. Ses résultats sont interpellant : 

Je pourrais vous laisser pantois devant ces chiffres et faire un raccourci générateur de buzz : 63 % des salariés français risquent le boreout ! Mais bien formée à la recherche de sources fiables par Lucie (#instantfayotage 😉), je dois nuancer : ce sondage n’est pas représentatif de la moyenne de la population. Il a été réalisé sur le site de qapa.fr. Les répondants sont des candidats. Et franchement, croyez-vous que les travailleurs épanouis, et ayant assez de travail passent leur temps sur des sites d’intérim ? Non.

Heureusement, le ministère du Travail s’intéresse — un peu — à ce phénomène. Il a donc chargé la DARES de compulser les chiffres pour la France Métropolitaine. Et voilà ce qu’on apprend :

chiffres boreout

Et même si ce chiffre ne fera pas le buzz, 9,5 %, c’est déjà trop.

Vous voulez peut-être savoir si vous êtes à risque ? Selon la même source, ce phénomène concerne surtout :

Autrement dit, si vous faites un travail répétitif ou avec beaucoup de périodes de latence, vous avez plus de chances de souffrir de cette maladie. 

Mais certains cadres la subissent aussi : il suffit d’une querelle interne ou d’une restructuration pour vider un poste de toute substance. On appelle cela la placardisation : ça coûte moins cher qu’un licenciement, et ça ne demande aucun courage de la part de votre ligne hiérarchique… Les dégâts humains de ce genre de pratique sont pourtant énormes.

Les signes de l’épuisement professionnel par l’ennui

Certains jours, je suis fatiguée, et je n’ai pas envie de travailler. Ça vous arrive aussi. Mais nous ne souffrons pas d’épuisement pathologique pour autant !

Le problème, c’est quand cela vous arrive tous les jours. Malheureusement, s’en rendre compte prend du temps, et il est parfois trop tard : la dépression vous guette.

Quels symptômes doivent vous alerter d’un boreout imminent ?

  • le manque d’intérêt pour votre activité ;
  • un sentiment de fatigue et de tristesse omniprésent ;
  • la lenteur pour effectuer vos tâches professionnelles habituelles ;
  • des erreurs de plus en plus fréquentes ;
  • la frustration par rapport à votre travail ;
  • le repli sur vous, le manque de communication avec vos collègues ;
  • de l’anxiété chaque fois que vous vous rendez au travail ;
  • la dévalorisation et le manque d’estime de soi ;
  • la culpabilité et la honte de vous sentir inutile.

Ces sentiments sont fréquents. S’ils restent exceptionnels, ils n’ont aucune conséquence. Même sur une longue période, un seul de ces signes n’a rien de grave : certains salariés n’ont aucun intérêt pour leur travail, et ils sont parfaitement heureux !

Mais vous devez réagir si vous ressentez plusieurs de ces signes pendant une durée prolongée. L’épuisement professionnel ne doit pas être pris à la légère.

Les conséquences de l’ennui chronique au travail

Analyser un processus de somatisation n’est pas facile : aucun scientifique ne peut lier l’ennui professionnel à la dépression avec une certitude absolue. On peut toutefois affirmer que le boreout engendre du stress chronique. Cet état peut provoquer des problèmes cardiaques, de l’anxiété, de la dépression, des difficultés métaboliques…

Il est donc possible de mourir d’ennui. Mais vous ne voulez pas que ça vous arrive !

boreout

Que faire pour éviter le boreout ?

Connaître l’existence de ce syndrome est un bon début. C’était d’ailleurs le motif essentiel de cet article. Mais c’est insuffisant.

Rechercher des solutions avec son employeur

Soyez proactif ! S’embêter au travail de temps en temps est agréable ! Mais après une semaine à ce régime, vous serez vite lassé. Pour éviter l’ennui, envisagez toutes les possibilités :

  • Demandez à vous joindre aux nouveaux projets qui vous intéressent.
  • Profitez de votre « temps libre » pour vous former grâce à la documentation interne de votre société.
  • Aidez vos collègues qui ont plus de travail.
  • Intéressez-vous à l’actualité de votre entreprise.
  • Si vos collègues sont sympas, proposez-leur de faire une longue pause déjeuner.
  • Offrez vos services pour l’organisation de votre département (rédaction des minutes de réunions, planification du team building, gestion du calendrier)
  • Mettez à jour les procédures et documents internes.

Si la situation s’éternise, vous devez en parler à votre supérieur hiérarchique. Il ne s’est peut-être pas rendu compte de votre manque de travail. Il pourra alors vous suggérer de nouvelles tâches ou des formations.

Rien n’évolue ? Alors, passez à l’échelon supérieur, et informez votre responsable des ressources humaines, le médecin du travail ou un représentant syndical de votre mal-être. Ils pourront envisager d’autres options, notamment un changement de fonction en interne.

Aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs

Votre employeur n’apporte aucune solution ? Courage, fuyez ! Vous trouverez peut-être votre bonheur chez un autre employeur… ou dans une carrière différente. C’est le moment idéal pour faire un bilan de compétences, et envisager une reconversion professionnelle. Vous repartirez plus motivé que jamais vers un nouveau projet. Vous pourriez même être tenté par la rédaction web, comme tant d’autres personnes reconverties et heureuses de l’être !

Vous vivez une situation difficile au travail ? Vous avez surmonté un boreout ? N’hésitez pas à en parler dans les commentaires, votre témoignage pourra aider d’autres personnes !

Anne Beckers (ancienne élève Origami 2)

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