Hier, lundi 4 octobre 2021, Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp ont connu une panne extraordinairement longue qui a paralysé le trafic de milliards d’utilisateurs. Pourquoi un tel bug ? Connait-on l’origine de cette panne ? Quelle conclusion tirer de ce problème bien plus profond qu’il n’y paraît ?

Plus de 6 heures de panne chez Facebook, WhatsApp, Messenger et Instagram

Hier à la mi-journée, Down Detector a enregistré des dizaines de milliers de rapports de bugs pour les 3 réseaux. Fait très rare : le site de Facebook lui-même ne se chargeait plus du tout ; Instagram, Messenger et WhatsApp quant à eux étaient accessibles, mais ne pouvaient pas charger de nouveau contenu ni envoyer de nouveaux messages. Ce bug a duré plus de 6 heures, laissant de nombreux messages sans réponse.

Des accusations de plus en plus lourdes visant Facebook et Instagram

La panne est survenue dans un contexte déjà compliqué pour la firme. Lors d’une audience au Sénat américain le 30 septembre dernier, le sénateur Richard Blumenthal a insisté sur  l’impact potentiellement négatif de la plateforme auprès des enfants, en particulier des jeunes filles.
Dimanche, dans l’émission américaine 60 Minutes, Frances Haugen (ancienne ingénieure chef de produit chez Facebook et lanceuse d’alerte) a affirmé que la société était au courant de la façon dont les plateformes étaient utilisées pour diffuser la haine, la violence et la désinformation… ajoutant que Facebook avait tenté de cacher ces preuves. Facebook a démenti. Cette interview faisait suite à une semaine noire pour Facebook au cours de laquelle Frances Haugen a partagé des milliers de pages de documents internes aux régulateurs et au Wall Street Journal. Un coup dur pour Facebook.
Dans son témoignage préparé et obtenu par CNN, Haugen a déclaré:
Je me suis manifestée parce que j’ai constaté une vérité effrayante : presque personne en dehors de Facebook ne sait ce qui se passe à l’intérieur de Facebook.

D’où venait la panne de Facebook ?

« Nos équipes d’ingénierie ont appris que les changements de configuration sur les routeurs backbone qui coordonnent le trafic réseau entre nos centres de données ont causé des problèmes qui ont interrompu cette communication. Cette interruption du trafic de réseau a eu un effet en cascade sur la façon dont nos centres de données communiquent, entraînant un arrêt de nos services », a déclaré Santosh Janardhan, vice-président de l’ingénierie et des infrastructures Facebook.
Janardhan a ensuite déclaré que la société n’avait « aucune preuve que les données des utilisateurs aient été compromises à la suite de ce temps d’arrêt ».
Quelques heures plus tôt, plusieurs experts en sécurité avaient rapidement signalé un problème de système de noms de domaine (DNS) comme potentiel coupable. Vers 13 h, heure locale, la division d’analyse Internet de Cisco, ThousandEyes, a déclaré sur Twitter que ses tests indiquaient une panne due à une défaillance DNS. Le DNS a pour fonction de traduire les noms de sites Web en adresses IP afin qu’elles puissent être lues par des ordinateurs.
Plus de quatre heures après le début de la panne, le directeur technique de Facebook, Mike Schroepfer, a tweeté :
Nous rencontrons des problèmes de réseau et les équipes travaillent aussi vite que possible pour déboguer et restaurer le plus rapidement possible la plateforme.

Un retour à la normale très attendu par certains utilisateurs et des questions qui restent en suspens

Alors que les services commençaient à revenir en ligne, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a publié sur sa page Facebook.
« Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger reviennent maintenant en ligne », a-t-il écrit. « Désolé pour la perturbation aujourd’hui, je sais à quel point vous comptez sur nos services pour rester en contact avec les personnes qui vous sont chères. »
Ces géants que l’on croit invincibles et infaillibles le sont-ils vraiment ? Visiblement pas.
Que penser de toutes ces accusations et de cette gigantesque panne ?
Je répondrai avec la sagesse de Socrate :
Ce que je sais, c’est que je ne sais pas
Au niveau personnel, il est évident que le stockage et le partage des photos est dangereux à plusieurs niveaux (récupérations de nombreuses données personnelles, ciblage voire matraquage via la publicité, risque de perte définitive de toutes les photos et vidéos stockées en ligne, etc.).
Au niveau professionnel, tout laisse penser que le vieil adage « on ne met pas tous ses oeufs dans le même panier » a encore de beaux jours devant lui.
Cette nuit pour vous, aujourd’hui pour moi, je n’ai pu m’empêcher de penser à toutes ces personnes qui construisent des businesses qui reposent exclusivement sur Facebook et Instagram… elles ont certainement très mal dormi. C’est évident, il est nécessaire de cultiver son écosystème lorsqu’on travaille sur le web. Gardons nos vieux réflexes (pour peu que l’on soit assez vieux pour cela 😅) : notons les contacts de nos clients en lieu sûr, au format papier en plus du web. Imprimons les photos de nos meilleurs souvenirs (sur du papier recyclé bien sûr ! ;-)). Soyons visibles partout où on le peut : LinkedIn, Twitter, Malt, Google, Bing, Pinterest et bien sûr, les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, pour la première fois depuis 5 ans, je me suis ré-intéressée à Twitter et c’est décidé : je m’y mets !
Bonne rédac’
Lucie

lucie rondelet instagram

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