Sources primaires, secondaires et même tertiaires… avouez-le, parfois, on s’y perd. Sans compter qu’on parle non seulement de sources, mais aussi de littérature primaire, secondaire, tertiaire, voire de littérature grise ! Bref, il y a vraiment de quoi se prendre les pieds dans le tapis. Voici donc un petit mémo pratique à destination des (futurs) rédacteurs web. Son unique but ? Vous aider à rédiger des articles de qualité, correctement documentés et bien ficelés. Attention à la marche, on y va.

Les sources primaires en rédaction web

Qu’est-ce qu’une source primaire ? Définition

Une source primaire est un document qui relate des faits ou contient les idées originales d’un auteur. Elle fournit un récit de première main recueilli pendant que les événements décrits se produisent — ou peu de temps après.

La notion demeure obscure ? Pensez à vos vêtements. Si c’est vous qui les achetez et les portez pour la première fois, on dira que c’est de la « première main ». Il en va de même pour l’information : si le document constitue la première expression d’un témoignage ou d’une idée, c’est une source primaire.

livre lucie rondelet

Exemples de sources primaires

Que peut-on compter comme source primaire en rédaction web ? Les travaux académiques originaux, les statistiques, tableaux et autres données brutes, les rapports objectifs d’actions ou d’événements, les témoignages ou encore les entretiens au cours desquels une ou plusieurs personnes racontent leur expérience, font partie de la littérature primaire.

Voici une liste non exhaustive d’autres sources primaires :

  • un journal personnel ;
  • une lettre ;
  • des témoignages ;
  • une déclaration ou un rapport officiel ;
  • un discours ;
  • une autobiographie ;
  • les résultats d’un sondage ;
  • des statistiques Google Trends ;
  • les règles d’un jeu ;
  • etc.

Ne vous arrêtez pas au texte ! Les documents suivants peuvent aussi être considérés comme des sources primaires :

  • une vidéo originale (comme celles de la chaîne de Lucie, par exemple ;)) ;
  • une photographie originale ;
  • une carte (routière, géographique) ;
  • un enregistrement audio (d’une entrevue, par exemple) ou un podcast.

Retenez encore ces deux points :

Tout d’abord, un article de journal ou de magazine (quotidien ou hebdomadaire, par exemple) peut être considéré comme une source primaire si son auteur était présent lors de l’événement qu’il relate.

En rédaction web, on considérera par ailleurs qu’un article paru dans une revue spécialisée constitue, dans la mesure où il met en avant des résultats originaux, une source primaire. Sachez toutefois qu’un article scientifique ou académique pourra parfois être considéré comme une source secondaire si on considère qu’il interprète des données brutes (qui seront donc considérées, elles, comme primaires).

Comment reconnaître la littérature primaire ?

Plusieurs éléments vous mettront la puce à l’oreille. Une chose est certaine : vous devrez à minima réaliser une lecture exploratoire pour dégager les informations contextuelles qui entourent le texte, ainsi que sa problématique centrale.

Voici les principaux éléments à prendre en compte lors de vos pérégrinations en ligne pour repérer le caractère primaire (ou non) d’une source :

  • le site sur lequel vous récoltez la source ;
  • les auteurs ;
  • l’originalité du contenu ;
  • tout ce qui l’entoure et permet de l’identifier (cachet de la poste, adresse, mentions, etc.).

Reprenons l’exemple de l’article scientifique. Si vous trouvez celui-ci dans une revue spécialisée en ligne, il y a de bonnes chances pour qu’il s’agisse de littérature primaire. Si vous repérez aisément les auteurs et que vous remarquez, en lisant le résumé, que ceux-ci mettent en avant les résultats originaux de leur recherche, vous pouvez être rassuré.

Le dernier critère concerne davantage les documents administratifs, personnels ou historiques : cette lettre est-elle un document original, par qui a-t-elle été envoyée et quand ? Ces statistiques sont-elles trafiquées ou déjà interprétées par quelqu’un, ou bien s’agit-il simplement d’une information « brute » ? Apprenez à aiguiser votre sens critique !

📚 Je vous conseille de lire l’article suivant pour apprendre à lire efficacement et pour tout savoir sur la lecture exploratoire.

Un cas concret

Pour un article sur Google ou sur l’une de ses mises à jour, on pourra considérer que les sources primaires sont les documents produits par l’organisation, à savoir :

  • des rapports rédigés par Google (rapport annuel, par exemple) ;
  • les documents en ligne fournis pour aider les utilisateurs ;
  • les pages et les articles que l’on peut trouver sur son site web officiel ;
  • une interview de l’un des membres de Google (qu’elle soit écrite, audio ou vidéo) ;
  • des données chiffrées fournies par l’organisation ;
  • etc.

Qu’est-ce que la littérature grise ?

On parle parfois de littérature grise lorsqu’un document n’est pas publié selon les canaux habituels de l’édition. Souvent, ces textes n’ont pas non plus d’auteur clairement identifié. Cette notion s’applique en particulier à la documentation produite en interne par les organisations, entreprises et administrations. Le plus souvent, le rédacteur web pourra la considérer comme de la littérature primaire.

🔗 Si vous n’avez pas encore regardé la vidéo sous l’intro ou que vous n’avez pas pris de notes, pas de panique ! Vous trouverez une foule de bons conseils dans cet article de Lucie sur les sources fiables.

Les sources secondaires

Qu’est-ce qu’une source secondaire ? Définition

Reprenons notre métaphore vestimentaire : si la littérature primaire est de l’information de « première main », la littérature secondaire est quant à elle le textile de « seconde main » du rédacteur web ! N’y voyez aucun jugement moral, il s’agit simplement de savoir à quoi on a affaire.

Une source secondaire rapporte des faits observés et relatés par d’autres, ou bien transmet des idées exprimées de façon originale par d’autres personnes. Il s’agit donc d’un type de document qui s’appuie sur des sources primaires ; logiquement, il sera donc aussi plus récent.

Exemples de sources secondaires

Parmi les sources secondaires, on trouvera souvent des articles de vulgarisation scientifique qui s’appuient sur un article paru dans une revue spécialisée, des livres traitant d’événements historiques ou politiques, des biographies, etc.

Prenons un exemple : vous souhaitez écrire un article sur l’écrivain Marcel Proust. Dans ce cas, un livre de Proust sera de la littérature primaire, tandis qu’un livre sur Proust (qui s’appuiera par exemple sur ses lettres personnelles et qui analyse ses ouvrages) sera une source secondaire.

Comment reconnaître une source secondaire ?

Le principe ne change pas : il vous faudra décrypter la forme et le contenu du document en procédant à une lecture exploratoire, puis éventuellement à une lecture approfondie.

Voici quelques critères à prendre en compte pour savoir si l’article que vous avez choisi constitue de la littérature secondaire :

  • les références (l’article cite-t-il des textes plus « originaux » sur votre sujet) ;
  • la date (postérieure à la rédaction d’autres articles sur le même sujet) ;
  • le thème (une analyse de données, une interprétation, etc.).

Apprenez à repérer le niveau d’originalité et d’authenticité d’un texte. Cela va de pair avec l’esprit critique. Vous devez décortiquer ce qui est écrit. Si vous pouvez remonter à la source primaire, c’est que vous êtes en présence d’une source secondaire. Logique, non ?!

Un cas concret

Continuons sur notre lancée. Vous souhaitez écrire un article sur Google ou sur sa dernière mise à jour. Quelles seront, par exemple, vos sources secondaires ?

  • Matt Southern, « Google Confirms Update To Local Search Results », Search Engine Journal, 16 décembre 2021 (en ligne).
  • Olivier Andrieu, Réussir son référencement web. Stratégies et techniques SEO, Paris, Eyrolles, 2021 (10e édition).
  • « Domestiquer les géants du numérique », Le Monde, éditorial du 11 septembre 2019 (en ligne).
  • Barbara Cassin, Google-moi. La deuxième mission de l’Amérique, Paris, Albin Michel, 2007.

À noter : il convient d’éviter d’utiliser une source secondaire pour introduire une citation d’une source primaire. Cette règle est en usage dans le monde académique et dans le journalisme et j’ai dû l’appliquer lorsque je rédigeais mes travaux universitaires. À priori, il n’y a pas de raison que les rédacteurs web premiums ne la mettent pas en application !

En revanche, si l’analyse proposée par une source secondaire (par exemple, l’avis de tel expert sur la nouvelle mise à jour de Google) vous paraît pertinente, vous pouvez parfaitement citer celle-ci. L’idée étant toujours de permettre à votre lecteur d’identifier clairement qui a tenu quels propos.

Vous pourrez citer une source primaire via une source secondaire à condition qu’il vous soit impossible d’accéder à la source primaire. On parle alors de citation secondaire.

Et les sources tertiaires, alors ?

Qu’est-ce qu’une source tertiaire ?

Vous commencez à comprendre l’idée : plus on s’éloigne de la source originale et plus on perd en authenticité. C’est bien pour cela qu’on parle de source primaire, secondaire, puis tertiaire. Celle-ci a pour particularité de synthétiser des contenus qui sont eux-mêmes issus de la littérature secondaire.

En fait, vous trouverez de nombreuses sources tertiaires tout autour de vous :

  • des encyclopédies ou des dictionnaires encyclopédiques ;
  • des ouvrages introductifs ou de vulgarisation ;
  • certains manuels scolaires ou professionnels ;
  • des articles écrits pour le Web ;
  • Wikipédia.

Comment reconnaître et utiliser une source tertiaire ?

Vous reconnaîtrez les sources tertiaires au fait qu’elles utilisent des sources secondaires. Encore une fois : fiez-vous à la lecture exploratoire et à votre sens critique pour déceler le niveau d’originalité et d’authenticité du texte.

Faut-il rejeter les sources tertiaires ? Absolument pas ! Personnellement, je les utilise souvent pour commencer mes recherches. Cela me permet de faire connaissance avec un sujet et de l’explorer sous toutes les coutures avant de choisir mon angle d’attaque. Mieux encore : je peux, à partir de là, remonter le fil des sources secondaires et primaires !

Sources primaires, secondaires et tertiaires : croisez, tissez, créez !

Vous connaissez maintenant la différence entre sources primaires, secondaires et tertiaires. Vous savez aussi comment les reconnaître et les utiliser (par exemple, en utilisant la littérature tertiaire pour remonter aux sources primaires et secondaires). Mais ce n’est pas encore tout à fait fini : retenez bien mes derniers conseils.

D’un côté, la littérature secondaire va vous permettre de comprendre et d’analyser une source primaire (par exemple, un graphique). Vous serez peut-être amené à reformuler ou à citer cette analyse intéressante, en la combinant par exemple avec une autre. Mais d’un autre côté, la littérature primaire va vous permettre de valider l’information recueillie et cela renforcera considérablement la crédibilité de votre propre article.

Il n’y a donc aucune raison de privilégier un type de sources au détriment d’un autre. Les trois sont utiles et bienvenus lorsque vous rédigez un article ou un texte pour le Web. Personnellement, j’aime comparer l’écriture au tissage : c’est en croisant différents fils, différentes sources donc, que vous pourrez créer des textes de qualité, résistants et agréables à lire !

🧵 Vous voulez d’autres conseils pour apprendre à écrire ? Formez-vous auprès du maître de l’horreur, Stephen King, en lisant cet article sur son livre Écriture, mémoires d’un métier.

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Nicolas Delforge, ancien élève Origami 5 et coach chez FRW.

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