Connaissez-vous ces logiciels qui écrivent tout seuls des articles de blog, à partir de n’importe quel sujet ? Savez-vous que le plug-in Yoast SEO est capable d’évaluer la lisibilité de vos textes et la performance SEO ? Êtes-vous aussi interpellés que moi quand Google vous propose des mots et des émoticônes préconçus, en réponse à une publication d’amis Facebook ? À l’heure où l’intelligence artificielle prend une ampleur inégalée dans notre quotidien, au point de se rendre indispensable en tout, on peut légitimement se demander si elle ne va pas finir par menacer les auteurs du net, humains trop humains. Doit-on craindre ces robots, capables de reformuler, de produire à partir de rien et de traduire, le tout sans jamais se fatiguer ? Non, non et non ! Je vous donne mes 5 arguments pour illustrer pourquoi un algorithme ne volera jamais le travail des rédacteurs web SEO !

1. Parce qu’un robot n’est pas unique au monde

« On ne se baigne jamais 2 fois le même fleuve » affirmait Héraclite. De la même façon qu’il n’y a pas un acte semblable à un autre sur des milliards (quand on est un être-vivant), chaque création humaine est fondamentalement unique. Un avatar imitera peut-être parfaitement un schéma à partir du connu, mais il ne créera jamais rien de nouveau. D’ailleurs, un programme informatique n’est qu’un modèle du réel, limité uniquement au 0 et au 1. Le vivant au contraire possède des combinaisons et des possibilités infiniment plus variées, alliance complexe de l’espace et du temps. Il est lui-même le réel, sans intermédiaire, quand un algorithme en est une image. C’est ainsi que par essence, le monde biologique garde une part de mystère sur laquelle chaque tentative de codage s’est échoué jusqu’à présent. Dans le film Passenger, un malheureux voyageur se réveille 90 ans trop tôt à bord d’un vaisseau cryogénisé. Sa seule compagnie ? Un androïde extrêmement élaboré, mais qui même dans les aspirations futuristes les plus poussées, lasse par son manque d’inventivité. Pour revenir à la rédaction web, il y a fort à parier que seul un cerveau humain sera capable de deviner les intentions de recherche sur le long terme et par delà le connu…

2. Parce qu’une intelligence artificielle ne sait pas lire entre les lignes

Flaubert rêvait d’écrire un roman sur rien, sans aucun sujet, juste pour la beauté des phrases et la fluidité du style. Cette utopie raconte que les sous-entendus, les silences, les moments de complicité avec le lecteur par évocations sont autant de liens essentiels qui participent au plaisir de lecture. Or comment une machine pourrait s’immiscer dans ce lien, elle qui ne peut qu’automatiser un sujet clairement exprimé ? Comment faire comprendre la subtilité des sens cachés autrement qu’à une imagination capable d’interprétation ? Le second degré, l’ironie, l’humour, l’antiphrase (lorsqu’on dit quelque chose et qu’on souligne en fait le contraire) sont autant d’atouts humains propres au langage parlé ! Et oui ! Pensons à nos conversations courantes qui s’accompagnent d’intentions, de regards implicites et de remémorations partiales. Cette gestuelle non verbale imprègne la communication manuscrite et confère une signification aux mots… au-delà des mots !

3. Parce qu’un algorithme n’a pas de feeling ni d’émotions

Les sensations et les sentiments participent à la beauté d’une lecture.
« La nature est un temple ou de savants piliers, laissent parfois sortir de confuses paroles, l’homme y passe à travers des forêts de symboles, qui l’observent avec un regard familier » écrivait Baudelaire dans les Correspondances.
Comment faire comprendre un poème à une intelligence inerte qui n’a jamais senti la brise du matin sur sa peau, la chaleur du soleil ou qui ne s’est jamais essoufflée en gravissant une montagne ? Imaginez même une traduction au sens propre… Ça ne voudrait rien dire ! Eh bien, c’est précisément cela, la spécificité humaine. Ce sont des mots évocateurs qui se figent et la sensation qui prend le relai. Pour faire une telle performance, pas besoin de s’appeler Baudelaire. Chaque rédacteur a une longueur d’avance dans l’expression, car même sans s’en rendre compte, ses mots sont imprégnés de vécu ! Mieux, son phrasé retranscrit le charme de l’imperfection, les particularismes linguistiques, les dictons et les images. Dès la première figure de style, l’intelligence artificielle patauge. « J’ai vu arriver une voile à l’horizon » plutôt que « J’ai vu arriver un bateau à voile à l’horizon » est un tournure bien plus belle dans sa formulation imagée et pourtant incorrecte grammaticalement. Qu’est-ce que cela suppose et engendre à la fin ? Ce qu’un automate ne pourra jamais reproduire : LE PLAISIR des mots !

4. Parce qu’une machine n’a pas d’aura ou d’histoire à raconter

L’homme est par essence un animal social. Savoir que l’auteur d’un livre ou d’un article qu’on a aimé existe et qu’on pourra un jour le rencontrer, ça ajoute incontestablement un plus à la lecture. Vous savez, quand on se dit, « wahou ! C’est exactement ce que je pensais ! » et on fait quelques recherches sur YouTube pour identifier l’auteur en vrai. Lorsqu’on a une relation privilégiée avec un rédacteur web (qu’on le suit depuis longtemps), on sent qu’on appartient à sa communauté d’esprit et on apprécie la connivence partagée, à travers ses écrits. Ce qui joue, c’est le lien réel et concret qu’on peut développer avec la personne au clavier : son histoire, ses épreuves et ses échecs, son expérience et son aura ! Voilà pourquoi le storytelling fascine autant. Chaque lecteur a besoin de s’identifier à une personne authentique, avec des problématiques et des futures victoires semblables aux siennes.

5. Parce qu’il est plus éthique de faire vivre un humain plutôt qu’un ordinateur

Il y a une dernière raison plus éthique de se rassurer face aux ordinateurs. On rencontre de plus en plus de « consommateurs responsables », sensibles à la démarche autant qu’au résultat. « Fais travailler le jeune », disait-on dans mon village quand on avait de la mécanique à arranger sur son tracteur ou des patates à planter. Ça voulait dire, « Donne de l’argent à celui qui en a besoin ». Je veux croire qu’une solidarité informée prend de l’ampleur à notre époque et nous encourage, entre 2 savoir-faire équivalents, à choisir le plus moral. Avoir contribué à la réussite de quelqu’un, avoir été dans les premiers à croire en lui procure un sentiment de satisfaction que bien des personnes recherchent. Engager un rédacteur web version locale plutôt qu’une machine va être un choix comparable à celui d’acheter une pâte à tartiner bio plutôt que du Nutella. L’occasion pour le client de « faire travailler le jeune » et de contribuer du même coup à l’améliorer du système entier.

Nous arrivons à la fin de cet article. Alors amis rédacteurs web, quel sera notre futur chantier ? En tant qu’optimiste invétérée, je crois que nous allons réussir à faire de ces difficultés une opportunité. Tout comme les évolutions technologiques ont engendré de belles révolutions humaines, dans l’art et la culture notamment, la performance des algorithmes sur internet va remettre la qualité et l’originalité de l’expression au goût du jour. Elle va nous obliger à réinvestir cette langue qui connaît appauvrissement et maladresse orthographique, pour la renouveler. Comme toute remise en cause, il y aura des moments laborieux et qui paraîtront insurmontables à certains moments. Toutefois, si on reste ferme sur la valeur qu’on veut donner à l’écriture, au style et à notre manière de faire communauté, ce sera un changement pour le mieux, j’en suis certaine !

Et vous ? Dites-nous pourquoi vous êtes un rédacteur web unique et irremplaçable !

Charlotte Allinieu – (ancienne élève Origami 4)

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