Il n’y a que deux manières de citer ses sources : en les incorporant dans le corps du texte ou en les répertoriant à la fin de votre article. « D’accord, mais dois-je simplement fournir quelques URLs à distribuer ici ou là ? », me demandent certains rédacteurs web débutants que je vois se démener avec les citations et les références bibliographiques. « Non ! », leur dis-je. « Mais alors, comment citer ses sources en rédaction web ? » Eh bien, relevez vos manches et préparez les clés à molette, parce que c’est justement ce qu’on va voir.

Citer ses sources dans le corps du texte

Il s’agit de la première façon de faire ; c’est la plus simple, la plus courante aussi. Mais est-ce vraiment si facile ? Ne doit-on pas prendre quelques précautions d’usage ? Pour y voir un peu plus clair, commençons par le premier point : certains liens ne sont pas des sources.

livre lucie rondelet

Tous les liens ne sont pas des sources

Eh non. Vous le savez, en tant que rédacteurs web, nous plaçons souvent des liens internes dans le corps même de nos articles de blog. Pourtant, il ne s’agit pas ici d’une source, dans la mesure où nous n’avons pas utilisé ce document pour construire notre texte. Nous le plaçons simplement là pour enrichir l’expérience de lecture de l’internaute et diminuer le taux de rebond.

Exemple : vous voulez inviter votre lecteur à lire un article intéressant, en lien avec votre sujet. Vous le guidez en introduisant une ancre sur une expression ou un mot-clé qui renverra vers lui. Cela s’appelle un CTA (call to action) et c’est exactement ce que je fais ci-dessous. 😉

👉Vous voulez d’abord vous assurer de savoir comment trouver des sources fiables avant d’apprendre comment citer vos sources ? Courez vite lire cet autre article. Vous reviendrez lire celui-ci après. 😉

Rappel : Qu’est-ce qu’une source ?

Quand dois-je citer ? Une source n’est pas un document quelconque : c’est un contenu (le plus souvent sous format texte, audio ou vidéo) que vous utilisez pour construire votre article.

Vous citerez vos sources en trois occasions :

  • quand vous voulez signaler à votre lecteur que vous résumez ou reformulez une pensée qui n’est pas la vôtre ;
  • lorsque vous faites une citation directe ;
  • lorsque vous importez une image ou un graphique pertinents pour votre thème.

Les notes en bas de page : une plaie pour l’expérience utilisateur ?

Dans la littérature académique francophone, la façon traditionnelle de citer ses sources consiste à créer des notes de bas de page (ou notes en bas de page). C’est-à-dire ? La procédure est la suivante : vous intégrez un chiffre en exposant à côté de la citation ou de la phrase choisie, puis vous intégrez la référence bibliographique complète en fin de page.

Certains sites reconnus, tels que Wikipédia par exemple, utilisent encore cette technique. En l’occurrence, une page Wikipédia place des ancres sur les exposants (1, 2, 3, etc.), afin de renvoyer le lecteur directement en bas de la page, où se trouvent les références complètes.

exemple d ancre sur un exposant a partir d un article de wikipedia

Sur cet article de Wikipédia, une ancre a été placée sur l’exposant, renvoyant vers la source, dans le bas de page.

Toutefois, reconnaissons-le, ce système ne fonctionne pas très bien. Il oblige le lecteur à naviguer constamment du corps vers la fin du texte, dans un va-et-vient assez peu confortable.

Pour vous simplifier la vie et garantir aux utilisateurs une meilleure expérience de lecture (UX), je vous conseille plutôt d’opter pour le système anglophone, qui consiste à intégrer des références abrégées dans le corps de texte.

Les références abrégées (ou références courtes)

Comment les construire ? Dans l’immédiat, retenez que vous devrez au minimum mettre entre parenthèses les informations suivantes :

  • le nom de l’auteur ou de l’organisme responsable de la publication ;
  • la date de publication, si elle est disponible ;
  • la page où vous avez trouvé l’information, si c’est un livre.

À noter : si vous voulez que la mécanique soit parfaitement huilée, vous veillerez également à introduire la référence complète à la fin de votre article, afin que votre lecteur puisse prendre connaissance du nom de l’ouvrage et des informations complémentaires (maison d’édition, etc.). Un peu de patience, je vous montrerai bientôt comment rédiger des références bibliographiques complètes.

Paraphrases et citations d’auteur

Premier cas : vous devez tout d’abord utiliser une référence abrégée lorsque vous souhaitez signaler à votre lecteur d’où vous tenez l’information que vous mentionnez. Par exemple, si je veux mentionner les résultats du dernier sondage IFOP sur les contenus à la mode (ceci est un exemple fictif), je résumerai l’idée ou mentionnerai les chiffres qui m’intéressent (éventuellement précédés de l’expression « Selon un sondage IFOP »), puis je terminerai par la référence abrégée (IFOP, 2020). ⏪ Comme ceci !

Deuxième cas : vous voulez citer directement un auteur parce que vous trouvez sa pensée transcendante ou, plus simplement, particulièrement pertinente pour votre sujet. C’est presque aussi simple ; voici les deux règles à suivre impérativement dans ce cas précis.

  1. Puisque vous ne voulez pas plagier ni faire de duplicate content, vous entourerez votre citation de guillemets français.
  2. À la fin de votre citation, vous placerez la référence abrégée.

J’en profite pour vous signaler trois bonnes pratiques complémentaires :

  1. si le texte que vous souhaitez citer est très court (une phrase) ou que vous ne tenez pas nécessairement à le mettre en avant, vous pourrez l’incorporer directement dans le texte, tout en conservant — bien entendu ! — les guillemets français et la référence abrégée.
  2. Si, par contre, vous voulez donner du relief à l’extrait choisi ou que celui-ci est un peu long, utilisez la fonction citation (quote) de votre CMS.
  3. Évitez les citations de plus de 5 ou 6 lignes et bannissez les citations de plus de dix lignes

⏩ Rappelez-vous également qu’il est toujours préférable de citer un auteur en se référant à l’ouvrage ou au document original où se trouve la citation (si vous ne le pouvez vraiment pas, utilisez la formule « cité par » ou « cité dans »). Pour en savoir plus sur ce point, lisez cet autre article sur les sources primaires et secondaires en rédaction web.

Les images (photographies, graphiques, infographies, etc.)

C’est le troisième cas où vous devrez utiliser des références bibliographiques abrégées. Mais pas à chaque fois ! Explications.

Si vous reprenez une image de type infographie ou graphique, ou même une photo issue d’un document « source », alors vous devrez bel et bien introduire la référence abrégée en légende.

Par contre, si vous voulez insérer une photographie reprise d’une banque d’images afin d’illustrer votre article, vous procéderez en créditant l’auteur de l’image et en suivant les règles du droit de propriété artistique et littéraire.

Introduire les références bibliographiques en fin d’article

C’est la seconde façon de faire. Quoi ? Vous êtes déjà tout barbouillé de suie et de sueur ? Nous avons à peine mis les mains sous le capot ! Avec les références complètes, c’est toute la belle mécanique des sources qui se dévoile à vous.

Deux remarques importantes avant d’aller plus loin.

  1. Les systèmes des références abrégées dans le corps du texte et celui des références complètes en fin d’article ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Au contraire ! Dans le monde académique, toute référence abrégée doit faire l’objet d’une référence complète en fin d’article. En rédaction web, on peut éventuellement assouplir cette règle, à condition que la référence abrégée comporte une ancre menant vers le document utilisé. Dans la mesure du possible, prenez toutefois l’habitude de placer toutes vos sources en fin d’article ; cela ne coûte pas grand-chose et apporte une belle plus-value à votre création. 😉
  2. Il existe une grande diversité de styles bibliographiques issus des standards des revues académiques. Il n’y a donc pas de règle unique ici : Il faut en choisir une et s’y tenir. Cela vaut aussi bien pour composer ses références abrégées que pour les références complètes. Harmonie et cohérence seront ici vos maîtres-mots. 🙏

Pour ma part, je vais vous présenter ici le style APA francisé, qui est aujourd’hui largement répandu. Non pas que je l’aime particulièrement (personnellement, j’en utilise plus souvent un autre, de tradition francophone, que j’ai appris durant mes études), mais il m’a semblé que c’est celui qui s’imposait. Conservons donc notre concentration quelques minutes de plus et voyons comment créer des références bibliographiques grâce au style APA francisé.

Livre

AUTEUR, Prénom. Titre de l’ouvrage. Édition. Lieu de publication : Éditeur, année de publication, nombre de pages

Chapitre d’un livre

AUTEUR, Prénom. Titre du chapitre. In Titre du livre. Lieu de publication : Éditeur, année de publication, pagination.

Article de revue

AUTEUR, Prénom. Titre de l’article. Titre de la revue, année, volume, numéro, pagination.

Des rapports

AUTEUR, Prénom (ou acronyme de l’organisme). Titre du rapport. Numéro du rapport. Organisme en toutes lettres. Date.

Site web

AUTEUR, Prénom (ou nom de l’organisme). Titre de la page d’accueil [en ligne]. Disponible sur : <url> (date de consultation).

Article de site web

AUTEUR, Prénom (ou nom de l’organisme). Titre de l’article. Titre de la page d’accueil [en ligne]. Disponible sur : <url> (date de consultation).

Podcasts ou vidéos en ligne (YouTube ou Vimeo, par exemple)

AUTEUR, Prénom. Titre [vidéo en ligne]. Nom de l’éditeur. Date de publication. Date de mise à jour. Disponible sur : <url> (date de consultation).

Comment citer ses sources en rédaction web ? Derniers réglages avant de prendre la route

Reconnaissons-le, c’est technique. Mais ça y est ! Vous pouvez enfin prendre la route sans risquer un PV. Vous êtes aussi capable de signaler dans les formes à vos lecteurs d’où vous venez et où vous allez. Non, vraiment, rassurez-vous : il ne reste désormais plus qu’à donner un coup d’éponge sur la vitre arrière et à allumer les phares.

Comment classer les références bibliographiques ?

À l’université, on appelle les références en fin d’article la « bibliographie ». On y organise les sources par ordre alphabétique des auteurs, voire par thèmes, quand le nombre de références est vraiment très imposant.

En rédaction web, je vous conseille de préférer les termes « Sources » ou « Références », plus modestes et finalement plus justes. Quant à l’ordre, il est préférable d’utiliser avant tout l’ordre alphabétique. Toutefois, vous pourriez aussi les ranger par ordre chronologique, si vous avez peu de références et que vous estimez que votre sujet s’y prête bien.

Où et comment intégrer les URLs dans un article ? Mon dernier conseil

Comme je l’ai signalé plus haut, la règle académique veut qu’on indique clairement l’URL, ainsi que la date de consultation. Pourtant, cela me semble peu esthétique pour les articles courts que nous avons l’habitude d’écrire en rédaction web.

Je vous proposerai donc d’agir de la façon suivante :

  • dans la référence complète, placez une ancre sur le titre de l’article, du livre (vidéo ou podcast) ou du nom du site internet ;
  • pour les références abrégées, placez l’ancre sur le nom de l’auteur ou de l’organisme responsable de la publication ;
  • insérez la date de consultation dans la référence complète.

J’insiste : il s’agit ici d’un simple avis. Cela me paraît plus élégant et plus adapté à la lecture sur la Toile, mais le dernier mot vous revient, tant que vous agissez dans les limites du Code de la route bibliographique, évidemment. 😉

📌 N’hésitez pas à enregistrer cet article dans vos favoris : vous pourrez ainsi vous y replonger facilement le moment venu.

Vous voulez vous initier au métier de rédacteur web ? Continuer votre apprentissage sur le site de Formation rédaction web et sur les réseaux sociaux de FRW (Instagram, Facebook, Pinterest).

À bientôt !

Nicolas Delforge, ancien élève Origami 5 et coach pour FRW.

Voici les sources que j’ai utilisées pour m’aider dans la rédaction de cet article :

  • BOULOGNE, Arlette. Comment rédiger une bibliographie. Paris : Armand Colin. 2005. 128 pages.
  • Université de Montréal. Comment citer [en ligne] (consulté le 27/01/2022).

lucie rondelet instagram

error: Content is protected !!