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Contexte non précisé, phrases trop vagues, absence de transitions… certains contenus sont parfois confus. C’est en commandant des articles à publier sur mon blog, mais aussi en corrigeant les exercices de mes élèves que je me suis rendue compte que suivre un fil conducteur n’était finalement pas si évident que ça. Comment réussir à être pédagogue lorsqu’on écrit pour le web ? Comment garder le lecteur attentif le plus longtemps possible ?
Je partage avec vous quelques idées dans cet article (rédigé depuis l’avion, quelque part dans le Pacifique, entre Nouméa et Osaka) ;-).

Du contenu clair et simple

Le rédacteur web est un artisan, certes, mais c’est aussi et surtout un exécutant, car il rédige pour les autres à partir de briefings plus ou moins précis. En d’autres termes, le rédacteur prend connaissance des consignes de son clients, il effectue des recherches sur le sujet en question, compile celles qu’il va exploiter puis, rédige son texte. Si je vous rappelle cette évidence, c’est pour mettre en avant le fait que le rédacteur web n’est pas un journaliste spécialisé, on n’attend pas de lui qu’il écrive des contenus précis sur des sujets pointus (sauf dans de rares cas).
Je compare souvent la rédaction web à un patchwork : l’auteur puise des informations un peu partout sur la toile (ou dans les documents fournis par le client) afin de créer ses propres textes. Bref : on attend souvent du rédacteur web qu’il vulgarise et qui dit “vulgariser”, dit “rendre accessible à tous”, d’où l’importance de remettre des articles clairs et simples.

L’importance du contexte : planter le décor

Je vais peut-être vous étonner en écrivant cela, mais je remarque que de nombreux rédacteurs en herbe oublient de planter le décor lorsqu’ils rédigent un article, ils pensent que le titre peut faire office d’introduction.

Exemple 1 
Titre : Découvrir la méditation zazen en X étapes
Intro :

La pratique régulière est importante pour le corps et l’esprit. Voici X étapes pour découvrir la méditation zazen.

Exemple 2 
Titre :
Découvrir la méditation zazen en X étapes
Intro :
La méditation zazen a vu le jour au Japon au Ne siècle, elle s’est développée blablabla et son succès semble grandissant en Occident. Ce type de méditation consiste à blablabla. Certains pratiquants réguliers témoignent des bienfaits de cette blablabla. La méditation zazen vous intrigue ? Découvrez-la tout de suite en X étapes.

Comme vous pouvez le voir, l’intro de l’exemple 1 ne plante pas le décor, pourtant, l’internaute qui a cliqué sur le lien menant à cet article avait soif de connaissance, il voulait “découvrir” la méditation zazen puisque c’est ce qui est promis. Il est donc primordial de donner quelques informations qui vont lui permettre de comprendre plus facilement la suite de l’article. L’introduction a un rôle capital en rédaction web, c’est elle qui va donner envie de lire le reste de la page… ou pas. Elle doit donc être claire, riche en informations et idéalement contenir une promesse.

La force de la structure : donner envie, rester logique

L’internaute ne veut pas perdre de temps, aussi, il peut lui arriver de “scanner” un article avant de le lire. Le “scanner” signifie lire l’introduction et survoler les H2 (les sous-titres principaux), cela va lui permettre de savoir s’il doit s’attarder sur le texte ou passer son chemin. Vous devez proposer une structure qui donne envie sans faire de promesses vaines. Rédigez une introduction simple, claire et dynamique puis, choisissez des sous-titres percutants et / ou logiques.

Exemple 1

Titre : DIY Décorations de Noël : 6 idées
(Pour ceux qui ne connaissent pas, “DIY” signifie “Do it yourself”, un terme très à la mode dans les blogs de magazines déco)

Structure 1
H2 Faire des boules de noël en carton
H2 Boules à neige avec des bocaux recyclés
H2 Le sapin en palettes, vous connaissez ?
H2 Une crèche en patte à sel
H2 Confectionnez vos guirlandes en tissus

(Notez que ces idées me sont venues “comme ça”, je vous rappelle que je suis dans l’avion et que je n’ai pas de connexion Internet… vous voyez, le rédacteur web peut construire des structures de texte hors ligne ;-). Pour la rédaction des paragraphes ce serait un peu plus compliqué).

Ce premier exemple est catastrophique en terme de structure. J’ai volontairement fait plusieurs erreurs pour pouvoir l’analyser.

Petit jeu improvisé : je vous invite à prendre un papier et un stylo tout de suite et à noter ce qui vous semble bancal dans cette structure.

Analyse rapide

La première chose qui saute aux yeux est que le titre promet 6 idées… et qu’il n’y en a que 5 ! De plus, les H2 ne sont pas numérotés, ce qui n’est pas logique pour l’internaute qui s’attendait à découvrir une structure très claire (c’est justement ce qui plaît dans ce genre d’article “X idées”, “X astuces”, “X conseils”, etc.).

On constate ensuite qu’il n’y a aucune harmonie dans les H2, l’un commence par un verbe à l’infinitif, l’autre par un verbe conjugué tandis que certains ne contiennent aucun verbe. Bref, tout est à revoir.
Voici ce que je vous propose :

Titre : DIY Décorations de Noël : 6 idées
Structure 2
H2 1 – Réaliser des boules de noël en carton
H2 2 – Recycler des bocaux pour en faire des boules à neige
H2 3 – Monter un sapin en palettes
H2 4 – Construire une crèche en patte à sel
H2 5 – Confectionner des guirlandes en tissus
H2 6 – Utiliser du sable coloré pour en faire des photophores

(Coulisses : j’avais noté “construire un sapin en palettes », mais du coup, je ne trouvais pas de verbe intéressant pour le numéro 4 sur la crèche, j’ai donc modifié le “construire un sapin” en “monter un sapin” pour pouvoir utiliser le verbe “construire” pour le numéro 4 sans faire de répétition. Bon OK, je manque peut-être un peu d’inspiration, je suis dans l’avion depuis près de 8 h !).

Cette structure est donc composée de verbes à l’infinitif au début de chaque H2, la numérotation est bien présente et j’ai proposé 6 idées au lieu de 5.

Le style : ni trop lourd, ni trop léger

Pas trop littéraire…

Les phrases trop alambiquées et littéraires fatiguent les internautes et les mobinautes ! Au risque de vous décevoir, sachez que les clients ne cherchent pas à dégoter le dernier lauréat du prix Goncourt, mais simplement un rédacteur qui sera capable d’écrire du contenu qualitatif sur ses produits et services.

… ni trop expéditif

Alors oui, je répète souvent qu’il faut privilégier les phrases courtes, mais attention de ne pas en abuser ! Je remarque que certains jeunes rédacteurs appliquent ce conseil avec un peu trop de rigueur, ce qui peut donner un rendu de ce type :

“La Nouvelle-Calédonie est un archipel du Pacifique. Elle est composée d’une île principale : la Grande Terre. D’autres îles et îlots font la richesse de ce territoire. Les voyageurs apprécient ses paysages grandioses. Les locaux aiment sa douceur vivre. Les côtes sont protégées par une immense barrière de corail.”

Cet exemple manque de fluidité et je dirais même “d’humanité”, un robot aurait pu l’écrire… non ?

Mon conseil : allez-y molo avec les phrases courtes et ne vous stressez pas avec le nombre de mots (sauf si votre phrase fait plus de 2,5 lignes et plus !). Racontez une histoire, placez de petites transitions par-ci par-là, sans abuser des “cependant”, “en effet” ou encore “par ailleurs” qui ont tendance à alourdir le texte et lui donner un peu aspect un peu trop scolaire.

Evitez si possible les phrases qui commencent par “mais”, “aussi” ou “et” par exemple.

–> À lire aussi : Comment améliorer son style rédactionnel ?

Écrire en pensant au lecteur

Mettez vous dans la peau du lecteur en imaginant qu’il ne sait absolument pas de quoi vous « causez » ;-). Mieux vaut répéter des choses qu’il sait déjà (mais que d’autres internautes ignoraient) que de laisser l’audience sur sa faim voire pire : confuse !

Lisez toujours vos textes à voix haute. Pour plus d’efficacité et de rapidité, je conseille de rédiger un premier jet (équivalent d’un brouillon), puis de passer à autre chose ou de faire une petite action qui va vous déconnecter de votre travail. Le but est de relire le texte avec du recul, au minimum 1 h après l’avoir terminé. Laissez passer plusieurs minutes, mettez-vous à la place du lecteur qui a vu un titre apétissant et qui a cliqué dessus pour apprendre des choses : l’avez-vous rassasié ? Êtes-vous bien sûr de ne pas avoir donné trop de détails dans un paragraphe ou au contraire de vous être laissé aller à survoler certains passages ?

Votre texte doit être harmonieux, fluide, vous ne devez pas buter sur les mots et l’intonation doit être agréable lorsque vous lisez à voic haute.

C’est bon ? Vous avez tout compris et un enfant de 6 – 8 ans pourrait intégrer tout ce que vous venez d’écrire ? Dans ce cas, vous avez certainement réussi votre exercice !

Pour ma part, j’ai atterri à Osaka et je me relis depuis le train pour Kyoto…

Mata-ne !

Bonne rédac’

Lucie

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