Dans cet article, je vous propose une méthode pour se relire en 10 questions simples et pratiques. Vous apprendrez à considérer la relecture comme une obligation et à l’organiser. Vous vérifierez que vous avez bien traité le sujet demandé, que vous avez proposé une structure cohérente et que vous avez répondu à tous les points du briefing. Ensuite, vous veillerez à la richesse du champ sémantique, à la correction de la syntaxe et de la ponctuation. Enfin, vous passerez à la loupe les mots eux-mêmes. Avec ces dix questions en tête, c’est sûr, la relecture en rédaction web n’aura plus de secret pour vous et les coquilles n’auront qu’à bien se tenir !

1. Puis-je « zapper » la relecture en rédaction web ?

Non ! Dix fois non ! La relecture est une étape vraiment essentielle du travail du rédacteur web. En grossissant un peu le trait, je dirais même qu’un rédacteur web passe plus de temps à se relire qu’à rédiger le texte proprement dit.

Je vous conseille donc de planifier systématiquement ce moment. Réservez une plage horaire dans votre agenda. Ceci est valable pour les articles de blog, mais aussi pour tout autre de travail de rédaction à remettre à votre client (fiches techniques, pages à propos, e-book, etc.).

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2. D’accord, mais comment relire un texte ?

Afin d’agir efficacement, je vous suggère d’avancer en entonnoir : du plus général au plus particulier. Il importe en effet de ne pas chercher à tout corriger en même temps, car vous vous perdriez dans votre propre texte ! Au lieu de cela, procédez en trois étapes :

  1. Le texte et ses paragraphes (questions 3 à 5) ;
  2. Les phrases (questions 6 à 8) ;
  3. Les mots (questions 9 et 10).

Conseil important : pensez à vous relire à voix haute. À mon sens, vous pouvez le faire à chaque relecture. Personnellement, toutefois, j’aime effectuer ma première relecture dans un café, ce qui complique un peu les vocalises. Je conserve donc la relecture à voix haute pour les deuxième et troisième étapes.

3. Ai-je répondu au titre de mon article ?

S’il y a bien quelque chose à laquelle on doit faire attention lorsqu’on se relit, ce sont les digressions et le hors-sujet. Durant cette étape, vous veillerez donc à :

  • vous focaliser sur le sens général du texte ;
  • vous assurer que vous avez bel et bien respecté ce qui a été demandé (vous n’avez pas rédigé un résumé alors qu’on attendait de vous une reformulation, par exemple) ;
  • vérifier que vous avez répondu à la question posée (ou au thème imposé) ;
  • apporter des améliorations de contenu, si cela est encore possible.

Cela peut paraître évident. Pourtant, il n’est pas toujours si aisé de garder à l’esprit le thème à traiter tout au long de la rédaction.

Prenons l’exemple d’un article de blog. Vous devrez vous assurer d’avoir répondu exactement à la question posée (parfois implicitement) dans l’introduction. Vous devez tenir votre promesse. Si vous promettez dans le titre ou l’introduction de parler des dix meilleurs livres de 2022, n’allez pas vous contenter de neuf, et n’intégrez pas des romans de 2021 — ou pire, des films ! À ce propos, Anne Beckers avait rédigé cet excellent article pour vous aider à rédiger une bonne introduction.

Vous vous rendez compte que des éléments sont manquants ? Ajoutez-les de façon cohérente par rapport au texte. Vous devrez peut-être ajouter un H2 ou un H3. En revanche, vous éviterez d’ajouter simplement une phrase à la fin d’un paragraphe, si celle-ci n’a aucun lien avec le reste.

Si certains éléments sont inutiles, qu’ils se répètent ou qu’ils ne sont pas en lien avec votre promesse, supprimez-les et réaménagez le contenu.

4. La structure de mon article web est-elle logique et harmonieuse ?

Vérifiez le plan et l’organisation de vos différents paragraphes. L’ensemble doit être bien structuré et construit selon un plan cohérent. Si je reste sur l’exemple de l’article de blog, celui-ci devrait a minima comprendre :

  • une introduction qui présente le sujet et les principales idées traités ;
  • un développement qui expose clairement les idées et détaille chacune d’elles ;
  • une conclusion qui propose un bref résumé et appelle à l’action.

Les intertitres et les paragraphes de votre texte devront s’enchaîner harmonieusement et naturellement, de façon claire et agréable. Idem au sein de chaque paragraphe : les relations entre les phrases doivent être limpides pour le lecteur, et ce dès la première lecture !

5. Ai-je respecté tous les autres points du briefing de rédaction ?

Assurez-vous ensuite d’avoir bien vérifié que tous les points du briefing ont été respectés. Personnellement, je me constitue souvent une checklist dans mon carnet au début de la rédaction ; lors de la relecture, je la passe en revue et je ne rends mon texte que lorsque j’ai coché chaque case.

Avez-vous respecté les contraintes de format données dans le briefing (typiquement : la longueur du texte) ? Vérifiez aussi les points suivants.

  • Les sources sont-elles bien référencées ?
  • La police et les autres éléments contextuels sont-ils respectés ?
  • Si vous aimez chouchouter votre client, avez-vous proposé des éléments de présentation qui lui faciliteront la lecture ?

Si nécessaire, consultez mon article sur la lecture du briefing pour en savoir plus.

6. Mes phrases ont-elles un sens ?

On peut commencer ici à parler de deuxième relecture. À partir de maintenant, vous allez chercher à enrichir votre texte et à en améliorer sa lisibilité. Si vous repérez des répétitions syntaxiques, pensez à varier la structure des phrases. Lorsque vous lisez, interrogez la monotonie. Soyez sincère et apprenez à jouer avec :

  • l’ordre des mots (en préservant le sens de la phrase, bien sûr) ;
  • le rythme (en alternant des phrases courtes avec certaines plus longues) ;
  • les mots de liaison (les connecteurs logiques liant les propositions entre elles).

Au niveau de la syntaxe pure, vous devez vous assurer que la structure de chaque phrase est juste et compréhensible. Assurez-vous par exemple que votre texte ne contienne pas :

  • de doubles négatives ;
  • d’ambiguïté ;
  • de phrases trop longues ;
  • de phrases incomplètes ;
  • de phrases averbales (non maîtrisées).

7. Ai-je corrigé mes erreurs de ponctuation ?

Elle n’a l’air de rien. Et pourtant, la ponctuation est une aide précieuse à la compréhension d’un texte. N’oubliez donc pas de jeter un œil de ce côté !

  • La virgule sépare les mots — groupes de mots — dans une énumération, ou elle disjoint des propositions pour marquer un processus ;
  • Le point-virgule sépare des propositions ou expressions indépendantes, mais qui ont une relation logique ou sert à mettre en parallèle deux propositions ;
  • Le double point permet de citer, d’énumérer, d’expliquer ;
  • Les tirets indiquent le changement d’interlocuteur dans un dialogue ou remplacent des parenthèses lorsqu’ils encadrent un segment de phrase.

8. Où en suis-je avec la typographie ?

Les règles de typographie ne sont pas toujours faciles à saisir. Ne pouvant traiter complètement la question ici, je vous rappelle simplement quelques règles à suivre au niveau des citations.

  • Toute suppression de texte à l’intérieur de la citation est signalée par […].
  • Les guillemets français doivent être utilisés, soit : « … ».
  • À l’intérieur d’une citation, l’utilisation des doubles guillemets anglais est requise : “… “(puis des guillemets anglais simples ‘…‘ pour une citation de troisième rang).
  • Les citations brèves sont intégrées dans la phrase.
  • Si la citation est longue (dès deux lignes), elle est mise en évidence grâce au bloc dédié (quote).

Vous trouverez des éléments supplémentaires à ce sujet dans mon article sur les références bibliographiques. 🙂

9. Ai-je développé un champ sémantique riche et cohérent dans mon texte ?

Nous voici arrivés à la troisième relecture. Utiliser des mots précis fait partie du travail de tout bon écrivain ou rédacteur web. Assurez-vous que les mots employés correspondent au ton rédactionnel attendu. Soyez vigilant et corrigez :

  • les termes trop vagues ou sujets à interprétation ;
  • les mêmes mots utilisés à une fréquence trop rapprochée (utilisez un synonyme) ;
  • les expressions qui ne seraient pas adaptées au public visé.

Si votre article doit être optimisé, c’est aussi le moment de sonder la pertinence du traitement du SEO. Avez-vous intégré les requêtes clés dans vos intertitres ? Les mots-clés sont-ils bien placés dans l’introduction ? Pouvez-vous introduire certaines expressions (requêtes clés, mots-clés) supplémentaires sans que cela nuise à la qualité et à la plus-value du texte ?

10. Ai-je choisi le bon mot et l’ai-je bien écrit ?

Profitez du point précédent pour porter votre attention sur les mots. Il s’agit enfin de vérifier :

  • l’orthographe ;
  • la grammaire.

Bref, la base ! En réalité, vous aurez déjà eu l’occasion de repérer la plupart de ces erreurs lors des deux premières lectures, mais en prévoir une petite troisième ne peut pas faire de tort. Bien sûr, vous pouvez aussi vous aider d’un correcteur d’orthographe tel qu’Antidote.

Je veux en finir avec la révision de mon contenu !

Les coquilles et les erreurs font partie de la vie. En outre, la publication d’un texte sur Internet est souvent un processus collectif et il est possible que des erreurs soient ajoutées en cours de route.

Ne succombez donc pas à la relectite aiguë, cette affliction qui vous empêche de rendre un texte et vous oblige à des relectures infinies. Cherchez simplement à faire du mieux que vous pouvez, avec le temps que vous avez. L’autocritique, c’est très bien, à condition de ne pas en faire une maladie !

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À bientôt !

Nicolas Delforge, ancien élève Origami 5 et coach FRW

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