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Rédaction web et hypersensibilité : le combo magique ?

Hypersensibilité. Le mot est posé. Depuis quelque temps, on en entend beaucoup parler. Livres, presse et même télévision dressent le portrait de personnes hypersensibles, voire à haut potentiel. Certains vont même jusqu’à s’autodiagnostiquer. Bref, le terme est à la mode. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Quelle réalité recouvre le fait d’être plus sensible que les autres, au point de se voir attribuer le superlatif « hyper » ? Et cette caractéristique, en quoi est-elle une force pour le rédacteur web ? Pour répondre à ces questions, partons sur les traces de ce « sixième sens » et de ce combo magique que forment la rédaction web et l’hypersensibilité. C’est parti !

Qu’est ce que l’hypersensibilité ? Explications

À l’origine du concept… un livre

Voilà donc un mot qui a envahi nos vies depuis le début des années 2000. Mais d’où vient-il ? Et quelle réalité recouvre-t-il ? Pour répondre à ces questions, il faut retourner à la source et se référer à l’ouvrage qui fut le déclencheur de toute cette histoire. Je parle du best-seller The Highly Sensitive Person, écrit par Elaine N. Aron, psychologue à l’université de Berkeley, en 1996 (traduit en français sous le titre Hypersensibles. Mieux se comprendre pour mieux s’accepter. Transformer l’hypersensibilité en atout).

Dans ce classique du genre, Elaine Aron a forgé le terme de Highly Sensitive Person sur la base, notamment, des travaux du célèbre psychanalyste Carl Gustav Jung. Aujourd’hui, les Anglo-saxons raccourcissent ce terme à l’aide de l’acronyme HSP. Plutôt que de traduire littéralement par « personne hautement sensible », les spécialistes francophones ont quant à eux opté pour le terme d’hypersensibilité ou de personne hypersensible.

Définition de l’hypersensibilité

Le mot « hypersensibilité » possède les défauts de ses qualités. D’un côté, il est assez pratique de s’en servir, puisqu’il existe déjà dans la langue française. Mais d’un autre côté, et c’est cela même qui pose problème, il désigne à l’origine un excès de sensibilité qui est essentiellement lié, comme on va le voir, aux allergies et aux antigènes. Ce qui ne correspond plus vraiment à son usage psychologique.

Il suffit en effet d’aller jeter un œil sur la définition du Larousse. L’hypersensibilité y est définie comme une :

« sensibilité exagérée ou extrême. [Une] réaction de défense de certaines plantes contre un parasite, caractérisée par une nécrose des cellules attaquées et une protection des tissus voisins. [Ou encore comme l’] état d’un organisme réagissant d’une manière excessive à l’introduction d’un antigène. »

Vous le constatez, cette définition prend assez peu en compte le versant psychologique de la chose ! En plus, elle a le désavantage de faire apparaître le phénomène comme essentiellement négatif. L’hypersensibilité constituerait une réaction excessive, voire pathologique, de l’organisme vis-à-vis de son environnement.

Or, aujourd’hui, la nouveauté consiste justement à « psychologiser » cette notion et à ne plus la percevoir comme une maladie ! Elaine Aron le dit explicitement : l’hypersensibilité est d’abord un trait de caractère neutre (ni positif ni négatif). Et c’est aussi un trait qui viendrait, au départ, d’un héritage génétique.

Elle se formerait en effet avant la naissance, puis se développerait dans les premières années de la vie, de façon différenciée selon les individus. Elle prendrait aussi un degré d’intensité variable au cours du temps. Le type d’hypersensibilité développé à l’âge adulte dépendrait donc en grande partie du type de milieu — plus ou moins favorable — dans lequel la personne se serait construite.

En somme, du point de vue psychologique contemporain, l’hypersensibilité est donc considérée comme un trait de caractère, partiellement inné et partiellement acquis.

Être hypersensible : concrètement, ça donne quoi ?

Elaine Aron apporte la réponse suivante.

Tout d’abord, les personnes hypersensibles auraient une grille de lecture plus fine du monde : ils pourraient ressentir et comprendre intuitivement une série de phénomènes qui demeureraient étrangers aux personnes dites « moins » ou « faiblement » sensibles. C’est ce niveau de connaissance subtile qui pourrait parfois être assimilé au bien connu « sixième sens ».

Les caractéristiques qui seront liées à ce côté « positif » de l’hypersensibilité seront alors, assez logiquement : l’empathie, la créativité, l’intelligence émotionnelle, la curiosité, le goût des belles choses, la pensée en arborescence ou encore la minutie et le sens du détail (pouvant parfois tourner au perfectionnisme).

D’un autre côté, les hypersensibles auraient tendance à se sentir plus rapidement agressés que les personnes faiblement sensibles. Un événement que ces derniers considèreraient comme moyennement stimulant et donc acceptable — voire agréable — deviendrait pour eux extrêmement stimulant. Cette situation pourrait les mettre dans un inconfort extrême et même devenir, de leur point de vue, absolument désagréable.

Les caractéristiques que l’on pourra relier à ce côté plutôt négatif de l’hypersensibilité sont, par exemple : l’irritabilité, le besoin de renfermement, l’anxiété, la solitude, la peur (éventuellement démesurée) de mal agir, ou encore le rejet incontrôlé de la critique, lié à un grand besoin d’être aimé et valorisé.

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Le test d’Aron pour savoir si vous faites partie des personnes hypersensibles

Elaine Aron a développé un test pour vous permettre de vous situer. Il est très simple. Il suffit de réagir de façon honnête et spontanée, en répondant par oui ou par non aux 23 phrases suivantes. C’est parti !

  • Je suis conscient des subtiles nuances de mon environnement.
  • L’humeur des autres me touche.
  • Je suis très sensible à la douleur.
  • J’ai besoin de me retirer pendant les journées frénétiques, soit au lit, soit dans une chambre obscurcie, soit dans tout endroit où je suis susceptible d’être tranquille et libéré de toute stimulation.
  • Je suis particulièrement sensible aux effets de la caféine.
  • Je suis facilement terrassé par les lumières violentes, les odeurs fortes, les tissus grossiers ou les sirènes proches (des ambulances, par exemple).
  • J’ai une vie intérieure riche et complexe.
  • Le bruit me dérange.
  • Les arts et la musique suscitent en moi une émotion profonde.
  • Je suis une personne consciencieuse.
  • Je sursaute facilement.
  • Je m’énerve lorsque j’ai beaucoup à faire en peu de temps.
  • Lorsque les autres se sentent mal à l’aise dans leur environnement matériel, je sens en général ce que je dois faire pour les soulager (changer l’éclairage, proposer d’autres sièges).
  • Je perds les pédales lorsqu’on essaie de me faire faire trop de choses à la fois.
  • J’essaie vraiment d’éviter de commettre des erreurs ou des oublis.
  • Je fais en sorte d’éviter les films et les émissions qui contiennent des scènes de violence.
  • Je m’énerve lorsque beaucoup de choses se passent autour de moi.
  • La faim provoque en moi une forte réaction, perturbe ma concentration et mon humeur.
  • Les changements qui se produisent dans ma vie m’ébranlent.
  • Je remarque et j’apprécie les parfums et les goûts délicats, les bruits doux, les subtiles œuvres d’art.
  • Je fais mon possible pour éviter les situations inquiétantes ou perturbatrices.
  • Lorsque je dois rivaliser avec d’autres ou lorsque l’on m’observe pendant que je travaille, je perds mon sang-froid et j’obtiens un résultat bien pire que lorsqu’on me laisse tranquille.
  • Lorsque j’étais enfant, mes parents ou mes enseignants semblaient me considérer comme sensible ou timide.

Alors ?

Selon la psychologue de Berkeley, vous faites probablement partie des 15 à 20 % d’hypersensibles que compte la population de chaque pays, si vous avez réagi par « oui » à 12 des propositions citées au moins (dans le sens : « Oui, moi aussi je me sens comme ça »).

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Mise en garde par rapport aux résultats du test d’hypersensibilité

Faire un test de cette façon n’a rien de totalement probant et il faut en considérer les résultats avec prudence. Elaine Aron insiste bien sur ce point.

Une pluralité de profils non prise en compte dans le test

Il est notamment possible, dit la psychologue, que vous soyez hypersensible en ayant répondu très favorablement à moins de 12 questions. En outre, elle précise que certaines caractéristiques peuvent ne pas apparaître du tout chez certains hypersensibles. Il existe, par exemple, des personnes très douées pour les arts et la pensée arborescente, mais qui ne sont pas du tout consciencieuses — et vice-versa.

Autrement dit, le tamis grossier du concept d’hypersensibilité ne permet pas de préciser complètement la grande variété de profils existants ! Et c’est bien là qu’une première critique peut être émise à l’égard du type d’approche proposée par la spécialiste : on a parfois l’impression qu’elle veut que tout le monde se sente concerné. D’ailleurs, ne vous sentez-vous pas un peu hypersensible, vous aussi ?

Les limites de l’étiquetage

Il convient de rappeler que ce type de qualification n’a rien d’une panacée. En psychologie et en sociologie, un étiquetage désigne l’influence d’une catégorie sur l’identité et les actions d’une personne (par exemple, si vous me qualifiez de drogué, je risque d’adopter le comportement correspondant de manière plus forte encore).

Pourquoi s’en méfier ? Eh bien, car vous coller l’étiquette « hypersensible » sur le front ne vous fera certainement pas devenir meilleur, comme par miracle ! En fait, pour réellement intégrer l’hypersensibilité à votre identité, il vous faudrait regarder très attentivement votre passé en face, rassembler le puzzle de votre existence à partir de cette hypothèse (« Je suis hypersensible »), puis chercher à en accepter et à en contrôler les aspects négatifs.

Elaine Aron résume ce parcours comme un chemin en quatre étapes :

  • la connaissance de soi (l’introspection) ;
  • le recadrage (de ses expériences passées et de ses attitudes présentes) ;
  • la guérison (non de l’hypersensibilité elle-même, mais des blessures et des tares qui l’accompagnent) ;
  • la découverte de sa place dans le monde extérieur.

Le risque de se sentir supérieur aux autres

Elaine Aron met également en garde contre le risque consistant à ajouter à l’étiquette d’hypersensible un sentiment indu de supériorité. Agir ainsi serait une grave erreur, prétend-elle, car cela reviendrait à nier le rôle et l’intérêt de chaque type d’individu pour assurer la cohésion sociale !

En effet, selon elle, les individus hypersensibles existent dans une société pour la prévenir des risques extérieurs. Ils agissent comme des sentinelles, à l’affût du moindre danger. Mais ils ne sont rien sans les individus moins sensibles, qui eux, peuvent se charger d’aller explorer l’inconnu et résoudre les problèmes, parfois plus efficacement et avec plus de vigueur.

En somme : ladite « faible sensibilité » possèderait également ses atouts, et ceux-ci seraient tout à fait complémentaires, d’un point de vue évolutif et social, à ceux des hypersensibles !

Un effet de mode ?

Une quatrième objection plus philosophique — et qu’Elaine Aron ne traite pas — pourrait être émise à l’encontre de ce concept. Revendiquer son hypersensibilité et brandir sa différence à tout prix, ne serait-ce pas là, à nouveau, succomber aux sirènes du développement personnel et de la société de consommation ? Celles-là mêmes qui nous incitent constamment — et de façon paradoxale — à être toujours plus originaux et plus normaux, plus singuliers et plus adaptés à l’ordre social dominant ?

Profil hypersensible : avantages et points de vigilance pour le rédacteur web

Les 5 principaux atouts du rédacteur web hypersensible

1. La curiosité

Elle est l’une des caractéristiques les plus largement attribuées aux hypersensibles. Même lorsqu’elle se limite aux goûts des livres et des découvertes « de salon », c’est une aubaine pour le rédacteur web, dont la curiosité est l’une des qualités. Il aime tout particulièrement lire, découvrir de nouvelles thématiques et effectuer des recherches sur les sujets les plus divers !

2. L’empathie

Comme elles ont une moindre carapace, les personnes hypersensibles sont en contact plus direct avec les émotions et les idées d’autrui. Elles peuvent cerner aisément ce que les autres pensent et perçoivent. Un atout certain lorsqu’il s’agit de se fondre — façon caméléon — dans la ligne éditoriale et l’univers d’un client.

3. La créativité

Grâce à leur intuition et à leur sens esthétique, les hypersensibles trouvent plus facilement les métaphores adéquates, ils proposent des images frappantes qui impactent l’esprit des publics cibles de leurs textes. Ils travailleraient davantage, dit-on, avec l’hémisphère droit du cerveau, qui est la zone responsable de l’imagination.

4. Le souci du travail bien fait

Certains hypersensibles peuvent faire des relecteurs et des correcteurs hors pair ! Ce sont souvent des amoureux du détail, des personnes consciencieuses, aptes à percevoir et à décortiquer la moindre erreur. Un rédacteur hypersensible mettra toute son attention à traquer la faute d’orthographe ou de grammaire ; il sera précis et rigoureux.

5. L’intuition au service de la prospection

Être hypersensible, une qualité pour prospecter et trouver de nouveaux clients ? Et pourquoi pas ! Ils peuvent utiliser leur intuition comme une force pour cerner en un coup d’œil les domaines porteurs ou sentir les sites qui ont un impérieux besoin d’une refonte.

Ces petites faiblesses qui le perdront (ou pas)

La susceptibilité

Il faudrait éviter de s’adresser au prospect ou au client trop directement ou avec trop de passion ! Les hypersensibles ont un grand besoin d’être rassurés et aimés. Ils peuvent donc devenir impatients et colériques… Ils pourront néanmoins apprendre à contrôler cette instabilité grâce à la pratique régulière de sport, de méditation ou de cours de théâtre par exemple.

Le besoin de contrôle

Les hypersensibles ne supporteront pas de travailler dans un milieu bruyant, avec des odeurs fortes ou une lumière trop éclatante. Mais pour peu qu’ils parviennent à se concocter un environnement de travail soigné et sans distractions, rien ne les arrêtera et leur concentration s’élèvera à son niveau maximum !

Aujourd’hui, l’hypersensibilité — sur le plan psychologique au moins — n’est plus vue comme une tare, mais plutôt comme un atout. Chacun y va même de sa revendication. « Je suis hypersensible ! Non, moi davantage ! ». Cette tentation est bien compréhensible. Toutefois, au-delà de l’effet de mode et du désir irrésistible de se sentir doté de superpouvoirs, il convient surtout de se demander si une telle étiquette nous correspond vraiment et si elle peut nous aider à changer concrètement notre vie et notre travail.

En l’occurrence, il se trouve que la rédaction web et l’hypersensibilité peuvent faire bon ménage, voire se marier à merveille. Pour peu qu’ils parviennent à bien s’entourer et à se libérer de leurs craintes, les rédacteurs web hypersensibles seront un vrai délice de créativité, de curiosité et d’empathie ; bref, des êtres capables d’offrir une grande plus-value à leurs clients. À l’inverse, ce métier s’adaptera tout particulièrement aux personnalités hypersensibles qui y trouveront le moyen d’exercer et de développer certaines de leurs principales qualités.

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Nicolas Delforge, Ancien élève Origami 5, rédacteur web spécialisé en slow content et coach passionné pour FRW

Sources et lectures recommandées pour approfondir le sujet :

  • Elaine N. Aron, Hypersensibles. Mieux se comprendre, mieux s’accepter. Transformer l’hypersensibilité en atout, Vanves, Marabout, 2017.
  • Maurice Barthélémy, Charlottes Wils, Fort comme un hypersensible, Paris, Michel Laffont, 2021.
  • Saverio Tomasela, Hypersensibles. Trop sensibles pour être heureux ? Paris, Eyrolles, 2013.
  • Micheline Grossman, Éloge de l’hypersensible, Paris, Éditions de Minuit, 2017.
  • Frédéric Midal, Suis-je hypersensible ? Enquête sur un pouvoir méconnu, Paris, Flammarion, 2021.
lucie rondelet instagram

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7 réponses

  1. Hypersensible, gros impact négatif avec Pôle Emploi vu qu’il m’envoie faire leurs actions (chantier d’insertion, POI, ateliers CV…). Sans compter les rendez-vous… Ma situation professionnelle et personnelle (je vis encore chez mes parents) est au point mort.

    1. Bonjour Cécile,
      S’agit-il d’hypersensibilité ou de timidité dans ton cas ? L’hypersensibilité est très spécifique et si tu l’es, il est sûr que par certains aspects, elle peut être difficile à vivre. Certains néanmoins arrivent à en faire une force. Je t’invite à lire le commentaire ci-dessous d’ailleurs.

      À bientôt,
      Stéphanie

      1. Je pense que oui, je coche beaucoup de cases et mon médecin m’avait conseillé de faire ce que j’aime pour ne pas faire d’autre dépressions.

  2. J’ai découvert mon hypersensibilité à la suite de mon burn-out, il y a deux ans. Depuis mon enfance je me sentais différente, je me rendais bien compte que les personnes dans mon entourage ne ressentaient pas de manière aussi forte leurs émotions. C’était pour moi beaucoup de souffrance. J’ai toujours cru que j’avais un problème. De comprendre que d’autres personnes étaient comme moi ça m’a beaucoup soulagé. J’ai réalisé aussi que je n’avais aucun problème. Il m’a fallu beaucoup de temps pour m’accepter telle que je suis et j’apprends à transformer cette hypersensibilité en force plutôt qu’en défaut, à comprendre comment vivre avec. J’ai lu le livre d’Elaine Aron et j’ai effectivement eu la sensation agréable de me dire que j’avais un don que d’autres n’avaient pas mais pour ma part plutôt dans le sens de m’accompagner à l’accepter d’une manière plus positive. Vivre au quotidien en étant hypersensible n’est pas si simple.

    1. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de laisser un commentaire, et pour ton témoignage. Il va être utile aux personnes qui, comme toi, sont hypersensibles et vivent mal leur spécificité.

      Belle journée,

      Stéphanie

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