40 ans, c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est… c’est surtout le bon moment pour penser à changer de métier ! Lassitude, perte de sens, envie d’autre chose ? Et si vous profitiez de tous les avantages qu’offre la quarantaine pour oser une reconversion professionnelle ? Vous êtes quadra ? Suivez-moi, je vous explique pourquoi se reconvertir à 40 ans est un choix gagnant !

Se reconvertir à 40 ans, quels avantages ?

L’expérience

À la quarantaine, vous avez déjà acquis, en principe, une solide expérience, confortée par 15 ou 20 ans de travail. Que ce soit en tant que salarié, fonctionnaire ou indépendant, ces nombreuses années d’exercice vous ont permis de développer des compétences qui se révèlent être de précieux atouts. Aussi, si vous craigniez de repartir à 0 avec une reconversion professionnelle à 40 ans, ôtez-vous cette idée de la tête. Dites-vous plutôt que vous avez l’occasion de mettre à profit votre bagage dans une autre activité, auprès d’un nouvel employeur ou en qualité d’entrepreneur.

La maturité

À 40 ans, on est trop vieux pour travailler ? Non, bien au contraire, contrairement à ce que l’on voudrait vous faire croire. Eh oui, il reste autant d’années – si ce n’est plus – à travailler, avant de penser à la retraite ! Cet âge de milieu de vie donne le recul nécessaire pour analyser son vécu, son travail ou ses capacités et surtout, pour ne pas prendre de décision sur un coup de tête. Changer de voie professionnelle oui, mais à cet âge, vous agissez de manière réfléchie en prenant votre environnement en considération (situation familiale, finances…).

L’énergie

Sauf si vous souffrez de problèmes de santé chroniques, le jeune quadra que vous êtes déborde encore d’énergie. Vos capacités physiques et intellectuelles sont au top, alors autant les exploiter à leur juste valeur. Et ce n’est quand même pas cette vision de près qui commence à vous rappeler que l’horloge tourne qui va vous arrêter ! Vous possédez la fougue nécessaire pour mener à bien un processus de reconversion professionnelle et l’investissement personnel qu’il requiert.

La sécurité

Se reconvertir, quel que soit l’âge, entraîne bien souvent un effort financier : perte de revenus suite à une démission, chômage… Ce choix a des conséquences pécuniaires. Le quadragénaire jouit, en principe, d’une certaine sécurité économique. S’il a bien géré sa première partie de carrière, il a mis un peu d’argent de côté, ce qui lui permet d’aborder un virage professionnel plus sereinement.

Les différentes méthodes pour trouver son métier à 40 ans

La feuille de papier

Je ne sais pas quoi faire de ma vie à 40 ans. Si c’est ce que vous vous dites, il y a une manière toute simple de faire le point sur vos aspirations profondes. Elle nécessite de vous isoler, au calme, pour procéder à un petit travail d’introspection. Prenez une feuille et tracez une droite de manière à faire deux colonnes. Dans celle de gauche, notez ce que vous savez faire et dans celle de droite, ce que vous aimeriez faire. Écrivez toutes vos idées, même les plus farfelues, ne vous censurez pas. Vous avez envie de travailler pendant un tour du monde ? Notez-le. L’avantage à votre âge, à défaut d’avoir une vision claire de la direction à prendre, c’est de savoir précisément ce que vous ne voulez plus ! Un sacré atout pour dissiper l’épais brouillard.

Les tests de personnalité

Et si, grâce à des tests, vous parveniez à mieux vous connaître et donc, à envisager un métier en adéquation avec votre personnalité ? Ils sont de plus en plus utilisés dans le cadre du recrutement, mais sont aussi de fabuleux outils à exploiter pour tous les quadras qui, comme vous, se cherchent professionnellement. Il y en a plusieurs : OCEAN (ou big five), PAPI (personality and preference inventory), SOSIE ou encore le célèbre MBTI (Myers Briggs type indicator) qui vous permet de cerner vos zones de confort et d’effort à travers 16 profils types. Ce dernier s’effectue en général auprès de professionnels formés à la méthode et certifiés, mais il existe une version gratuite en ligne du MBTI assez surprenante. Essayez, vous verrez !

Le bilan de compétences

Ah le bilan de compétences ! Qui ne s’est pas déjà entendu dire dans les moments de doute, de perte de sens face à son activité : « Mais fais un bilan de compétences ! ». Un brin désuet, parfois critiqué, il faut lui reconnaître l’avantage de forcer à l’introspection. Et quand on souhaite se reconvertir à la quarantaine, ce travail est indispensable. Comment se passe un bilan de compétences ? Il s’effectue auprès d’un professionnel, coach ou consultant habilité, qui vous aide à identifier de nouvelles perspectives de carrière. Il se déroule en 3 étapes :

  • la phase préliminaire de définition du besoin ;
  • la phase d’investigation, d’élaboration du projet et de ses alternatives ;
  • la phase de conclusion, avec la remise d’un document de synthèse.

Un bilan de compétences peut être réalisé sur le temps de travail ou en dehors de celui-ci. Dans ce dernier cas, il faut prévoir un certain investissement puisque l’accompagnement a lieu sur le temps libre et que la durée totale des entretiens peut aller jusqu’à 24 h. Il est possible de mobiliser son compte personnel de formation pour le financer.

L’ikigaï

Savez-vous répondre à la question : « Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ? » Si, pour vous, la réponse n’est pas évidente, alors ce qui suit devrait vous intéresser. L’ikigaï, ce concept venu tout droit du Japon, pourrait bien changer votre vie, tant personnelle que professionnelle (de toute façon, les deux sont étroitement liés non ?). De quoi s’agit-il ? C’est une philosophie de vie centrée sur la recherche de sa passion pour accéder à son épanouissement, à son plein alignement. On pourrait le traduire par « la raison d’être ». Ce n’est pas seulement un loisir, c’est un élément fondamental constitutif de votre identité, celui qui vous fait vibrer. Tout le monde possède un ikigaï, il suffit de le trouver. Certains le connaissent, ils vivent leurs rêves depuis tout petit ; d’autres pas encore, car il est enfoui. L’idée, c’est de creuser un peu pour le faire sortir et enfin donner du sens à sa vie.

Cette notion est de plus en plus utilisée dans l’univers de l’orientation professionnelle. Là encore, un travail d’introspection est nécessaire. Posez-vous les 4 questions suivantes :

  • Qu’aimez-vous faire ?
  • Dans quel(s) domaine(s) êtes-vous doué ?
  • Qu’est-ce qui peut vous apporter un revenu ?
  • De quoi le monde a-t-il besoin et comment, à votre échelle, pouvez-vous y contribuer ?

Chacune de ces questions représente un cercle. Votre ikigaï se situe à la croisée de ces 4 cercles, comme le montre le schéma suivant :

Prêt à explorer votre for intérieur pour découvrir votre ikigaï ? Il se pourrait qu’il vous aide à passer le cap de la fameuse crise de la quarantaine et à trouver votre voie.

Les différentes méthodes détaillées dans cette partie ne sont pas exclusives les unes des autres. Vous pouvez les combiner pour affiner votre projet, c’est même plutôt recommandé.

Reconversion : les métiers qui recrutent

Avec ces différentes techniques, vous devriez être en mesure de déterminer l’orientation que vous voulez donner à votre carrière. Reste à savoir si elle est en adéquation avec le marché de l’emploi. Les informations suivantes sont issues du baromètre Data Emploi et Territoires réalisé par le groupe Adecco. Elles datent de fin 2019 et depuis, la crise sanitaire du coronavirus est passée par là, et a balayé certaines prévisions.

En 2020, des secteurs habituellement pourvoyeurs d’emploi comme ceux du commerce ou de l’hôtellerie-restauration d’embauche se sont retrouvés à l’arrêt. Mais ce qui est sûr, c’est que les établissements qui parviendront à se relever auront besoin de main-d’œuvre.

Un autre secteur qui recrute est celui de l’assistance à la personne et de la santé : aide-soignant, infirmières, auxiliaires de vie… Ces métiers, qui portent l’altruisme dans leur ADN, ont plus que jamais besoin de renfort en raison de la pandémie toujours, mais aussi de l’allongement de la durée de la vie.

Les professions de l’informatique et du numérique sont en plein essor et ce n’est pas près de s’arrêter ! Internet ne cesse d’évoluer et les besoins sont énormes dans les métiers du Web : développeur, community manager, rédacteur web

Les autres secteurs en tension identifiés dans le baromètre sont ceux de la construction, de la logistique, de l’industrie agroalimentaire et des services aux entreprises.

Si vous maîtrisez l’anglais, je vous conseille également la lecture de cette récente étude (post covid) sur les compétences en forte demande dans les entreprises : IT et programmation, gestion d’équipe et de projet, communication et négociation, créativité, etc.

Se former à 40 ans : un passage obligé pour réussir sa réorientation professionnelle

Changer de voie professionnelle s’accompagne le plus souvent de la nécessité de se former à un nouveau métier. Alors se posent les questions du format de la formation et de son financement.

Formation en ligne ou en présentiel ? Le choix n’est pas facile, chacune présentant des avantages et des inconvénients. L’e-learning permet d’avancer à son rythme, en mode cours du soir, et de garder de la disponibilité pour sa famille. Vous pouvez ainsi aller chercher vos enfants à la sortie de l’école, superviser les devoirs et vous dédier à votre apprentissage une fois tout ce petit monde couché. Le présentiel permet d’avoir le formateur sous la main, de lui poser des questions si besoin et de pouvoir échanger avec ses collègues de formation (et pourquoi pas réseauter).

Quant au financement de votre apprentissage, il peut s’effectuer :

  • par votre employeur dans le cadre de son plan annuel de formation ;
  • via un OPCO (opérateur de compétence) pour les salariés ou les FAF (fonds d’assurance formation) pour les entrepreneurs ;
  • via votre compte personnel de formation ;
  • par Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi.

Renseignez-vous en fonction de votre situation personnelle (salarié du secteur privé, demandeur d’emploi…)

Reconversion professionnelle à 40 ans : témoignage

Terminons ce long article par un instant témoignage, car j’ai moi-même décidé de changer de métier à 40 ans. Après mes études, j’ai trouvé un emploi dans une entreprise en lien avec l’assurance santé. 10 ans ont passé quand j’ai commencé à ressentir les premiers signes d’épuisement. Sur les conseils de proches, j’ai réalisé un bilan de compétences (rappelez-vous, le fameux « Mais fais un bilan de compétences ! ») qui m’a demandé beaucoup d’énergie et de travail. Des choses intéressantes en sont sorties, mais au même moment, mon employeur me proposait un poste en or que je ne pouvais décemment pas refuser. Je l’ai donc accepté. 2 ans plus tard, rattrapée par ma lassitude, je me suis retrouvée à bout de souffle, en perte totale de sens et à la limite du burn-out. Ah oui, j’oublie de préciser que j’ai deux enfants d’âge très rapproché. Mon fils était encore gardé en nourrice et ma fille en maternelle à l’époque.

Un jour, je n’ai pas trouvé la force d’aller au travail et j’ai été placée en arrêt maladie jusqu’à mon départ de l’entreprise, 3 mois après. Pendant cette période d’introspection forcée, j’ai beaucoup réfléchi et ai repensé aux pistes envisagées lors de mon bilan de compétences. L’écriture en faisait partie, plus particulièrement à travers le métier d’écrivain public. Sans hésiter, j’ai décidé de me lancer, de créer mon entreprise et de passer un agrément pour exercer légitimement. Mon conjoint avait une situation stable, les voyants étaient donc au vert.

Se reconvertir à 40 ans peut faire peur. Mais au contraire, je me sentais invincible, confortée par mon bagage et toutes ces compétences acquises précédemment. Un nouvel horizon professionnel s’ouvrait devant moi. Et surtout, je pouvais enfin emmener mes enfants à l’école le matin sans avoir à les « jeter » rapidement pour aller prendre le RER, et aller les chercher à 16 h 30, sans stress. Finie la garderie du matin et du soir pour eux !

Très vite, j’ai découvert la rédaction web et, dans la foulée, Lucie. Alors, j’ai su que je venais de trouver ma voie. Tout ce chemin, c’était pour ça ! Une formation en rédaction web SEO plus tard et me voici à travailler avec Lucie. Parfois, je suis encore obligée de me pincer pour y croire. Alors, si je l’ai fait, pourquoi pas vous ?

Envie de partager votre expérience ou votre projet de changement de métier à 40 ans ? Ça se passe juste en dessous, dans les commentaires !

Stéphanie Soulier – Correctrice, rédactrice et chargée éditoriale dans l’équipe de Lucie Rondelet, ancienne élève Origami 4

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