Comment stimuler la créativité du rédacteur web ? Sans plus attendre, voici 7 bonnes pratiques — parmi d’autres — à mettre en place pour favoriser l’inventivité et ainsi travailler avec plus de joie, de confort et de liberté au quotidien.

1. Contracter de bonnes habitudes pour booster l’imagination : monsieur Muse, es-tu là ?

Prendre de bonnes habitudes est sans doute la base pour développer une pratique saine et créative. Parmi les routines qui conviennent aux écrivains et aux rédacteurs web, on peut citer :

livre lucie rondelet
  • travailler durant des heures fixes ;
  • opérer porte fermée ;
  • agencer son espace de travail ;
  • décider d’un temps maximum ou d’un nombre de pages à réaliser ;
  • lire.

Bien sûr, ces règles n’ont rien d’absolu. Certain·e·s préféreront peut-être travailler dans un bar bruyant, avec une lumière tamisée. Ils ou elles sont sans doute plus rares, mais si cette habitude leur convient, grand bien leur fasse !

Ce qui est important est de se constituer un rituel, composé d’éléments spatiaux, temporels et organisationnels stables, afin de faciliter le processus créatif. Sans cela, monsieur Muse ne vient pas. Mais au fait, le connaissez-vous celui-là ? Il s’agit de l’instance créative de Stephen King (chez lui, l’inspiration est un homme !).

Comme l’écrivain le rappelle dans son livre Écriture : mémoires d’un métier, l’inspiration lui vient lorsqu’il est attablé à son bureau, entre 7 et 16 heures. Bref, ce n’est que lorsqu’il respecte les habitudes qu’il a prises que la créativité « littéraire » lui vient.

2. Croiser plusieurs sources : une excellente façon de « tisser » un article original

Certes, le rédacteur web n’est pas un écrivain. Il n’est pas non plus journaliste ou scientifique. Il ne fait pas d’investigations sur le terrain et ne ramène pas, en général, de « matériaux de première main » (entretiens, photos, données, etc.).

Autrement dit, son talent doit le plus souvent se déployer à partir de matériaux déjà travaillés : articles de revues scientifiques, livres, pages fixes ou articles de blog, dictionnaires et encyclopédies en ligne, etc.

Pour qualifier cette pratique du rédacteur web, on parle souvent de « reformulation », à savoir le fait de reprendre un contenu déjà rédigé pour composer son propre texte. Mais — ai-je envie de dire — il y a reformulation et reformulation ! La reformulation numéro 1 va reformuler à partir d’une source, tandis que la reformulation numéro 2 utilisera plusieurs sources pour composer un écrit original.

Qu’on me comprenne bien : je ne dis pas que la reformulation numéro 1 n’a aucune valeur créative et que la reformulation numéro 2 emporte toutes les palmes de l’inventivité. Non. Je veux dire que la reformulation numéro 1 peut seulement être créative au niveau de la forme, alors que la reformulation numéro 2 est aussi susceptible d’être créative au niveau du contenu.

En croisant les sources, vous allez agréger différentes données, les comparer, les hiérarchiser, les vérifier, les combiner, etc. De ce fait, vous ajouterez une valeur « substantielle » à votre écrit, ce qui est impossible quand vous n’utilisez qu’une seule référence.

Mais justement, concentrons-nous maintenant sur les questions de forme, qui touchent aussi bien les textes reformulés numéro 1 que numéro 2.

3. Jouer avec les mots puissants : apprenez à manier le copywriting pour donner vie à vos textes

Voici pour commencer quelques conseils prodigués par Anne Beckers dans un article intitulé « Réveillez vos textes grâce aux mots puissants » (j’en reformule ici rapidement les principaux points, mais allez donc jeter un œil à la version originale pour avoir tous les détails 😉) :

  • choisissez des termes précis (hyponymes) ;
  • optez pour des verbes concrets, forts ;
  • affirmez nettement les idées ;
  • utilisez un vocabulaire sensoriel ;
  • créez des sentiments grâce aux « mots déclencheurs émotionnels » ;
  • employez les « mots magiques » (et les chiffres magiques) ;
  • pensez « sobriété ».

Je rappelle au passage que Anne est traductrice du Guide des écrits web percutants, un livre qui contient pas moins de 72 règles à suivre (ou pas) pour les professionnels de la rédaction web.

4. Composer avec des images : des comparaisons ou des métaphores pour servir les fonctions de la rédaction web

Lorsque vous rédigez votre article, et cela quelle que soit sa thématique — qu’il s’agisse d’un article sur la périnatalité ou sur le droit des assurances —, vous pouvez aussi avoir recours à des images.

Pour rappel, en rhétorique :

  • La comparaison est « [la] figure de style qui consiste à comparer une personne ou une chose à une autre pour orner le discours ou pour y apporter de la clarté » (également dans le Dictionnaire de l’Académie française en ligne).
  • La métaphore est « [la] figure par laquelle, se fondant sur une comparaison implicite, on use, pour désigner quelque chose, d’un terme, d’une expression qui, au sens propre, s’applique à une autre réalité » (Dictionnaire de l’Académie française en ligne).

Les images vous serviront deux fois : elles vous aideront d’abord à penser et à construire votre texte de façon plus créative, puis elles permettront à votre lecteur de vous comprendre plus aisément.

Attention, cependant : vos textes ne doivent pas nécessairement être des chefs-d’œuvre de prose. C’est même souvent déconseillé (comme le rappelle aussi Anne dans l’article cité plus haut).

Rappelons-le une fois de plus, le rédacteur web n’est ni écrivain ni poète. Il écrit le plus souvent des textes courts ayant des visées d’information, de communication commerciale ou, plus rarement, de divertissement. Les images doivent donc servir ces fonctions.

5. Vouloir étonner (et faire penser) son lecteur : la recette du succès du rédacteur web

Mais qui a dit que les contraintes nuisaient à la créativité ? C’est le contraire qui est vrai ! Sans clients, sans exigences de publication liées à Internet (SEO et autres), sans lecteurs enfin, comment diable le rédacteur (ou rédactrice !) web pourrait-il s’exprimer ? Il serait tout bonnement perdu, sans savoir où aller ni que mettre en avant.

Imaginez un cuisinier qui ne préparerait ses plats pour personne, en ne suivant strictement aucune recette et qui ne chercherait jamais, au grand jamais, à recevoir l’aval de ses pairs ou d’autres fins gourmets ? Je suis sûr qu’il se noierait dans sa soupe !

En tant que rédacteur web, vous rédigez des textes qui ont vocation à être lus et appréciés. Vous pouvez parfois le perdre de vue, surtout si vous devez écrire des textes courts ou qui sont faits pour être oubliés sitôt lus. Mais la règle n’en demeure pas moins vraie, et c’est pourquoi il est essentiel de la rappeler.

Cherchez donc, par les images que vous employez, mais aussi par les expériences ou les connaissances que vous transmettez, à attirer véritablement le lecteur à vous. Utilisez le SEO et les autres règles de la rédaction web comme vos livres de recettes personnels. Et pensez que si les lecteurs sont satisfaits, vos clients le seront probablement aussi !

6. Se relire façon « Walt Disney » : une excellente méthode pour envisager son texte de façon exhaustive et créative

Connaissez-vous la méthode ou stratégie Walt Disney ?

« [C’est] une méthode de créativité qui se base sur le jeu de rôle et qui consiste à considérer et à examiner un problème selon trois points de vue différents : celui du rêveur, du réaliste et du critique » (La boîte à outils de la créativité, p. 18).

Pourquoi ne pas l’utiliser comme méthode de relecture de vos textes en l’adaptant quelque peu ? Je m’explique. Relisez par exemple votre dernier article de blog en vous demandant :

  1. Ai-je utilisé les meilleures images (métaphores, analogies, etc.) qui me venaient à l’esprit ? Ne me suis-je pas trop censuré au niveau du style et du ton ? Suis-je allé assez aussi loin que je le voulais ? Ai-je incorporé des émotions et des sensations à mon texte ? Vous jouez ici le rôle du rêveur.
  2. Ai-je épuisé toutes les facettes du sujet que j’avais à traiter ? Sinon, l’ai-je signalé ? Est-ce que j’ai cité des ouvrages ou des textes de référence si ceux-ci pouvaient s’avérer nécessaires ou utiles à mon lectorat ? La structure de mon texte est-elle logique ? Suis-je resté factuel lorsque cela était de mise ? Le réaliste prend ici la parole.
  3. Ce texte est-il si bon que ça ? Qu’ai-je irrépressiblement envie de lui ôter ou de lui ajouter ? L’orthographe est-elle respectée ? L’optimisation SEO est-elle soignée (si c’est demandé) ? Quand je me relis quelque temps après, est-ce que je trouve que mon texte est fluide et aisément compréhensible ? Et voilà le critique qui pointe le bout de son nez.

✨ Bien sûr, vous pouvez aussi utiliser cette méthode avant de rédiger l’article, afin de réunir tous les ingrédients dont vous avez besoin pour concocter votre texte. Dans ce cas, pensez à consulter cette autre méthode de relecture en 10 points.

7. Écouter la critique constructive : les commentaires sont les bienvenus !

Être à l’écoute des réponses reçues par les clients ou les lecteurs est le meilleur moyen de s’améliorer et de faire progresser sa pratique de rédacteur web. Une fois votre texte terminé, sollicitez donc les avis (si vous êtes encore en formation, demandez-le à votre binôme, par exemple).

La peur du jugement constitue malheureusement un frein puissant à l’évolution professionnelle et à la créativité, et cela, quel que soit le métier exercé. Si elle vous prend, souvenez-vous que la critique de qualité n’a rien d’un jugement définitif et absolu : c’est un avis sur ce travail-ci, une évaluation hic et nunc, partielle et partiale, qui vous sert à prendre un peu de distance et à corriger éventuellement le tir, rien de plus.

Fuyez donc les grognons sarcastiques qui empoisonnent votre faculté d’agir par des mots blessants qui coupent court à toute discussion (« tu es nul », « il n’y aura jamais rien de bon dans ce ou ces écrits », etc.), mais accueillez comme un cadeau le commentaire bienveillant. C’est de l’eau pour vous aider à grandir 🌱.

Bonus : devenir une véritable force de proposition ou comment stimuler la créativité du rédacteur web de façon pérenne

Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je défends l’idée de la créativité et de la responsabilité du rédacteur et de la rédactrice web. J’ai notamment écrit des articles sur la déontologie du rédacteur web et sur l’esprit critique en rédaction web où j’aborde plus en détail cette question. Je ne vais donc pas m’attarder longtemps sur ce point ici.

Toutefois, si vous ne les avez pas (encore) lus, ayez simplement à l’esprit ce que l’on pourrait nommer le « cercle vertueux » de la créativité :

  • plus le rédacteur web osera montrer sa valeur ;
  • plus il sera considéré comme une partenaire fiable et autonome par son client ;
  • plus celui-ci sera enclin à lui proposer des missions nouvelles ;
  • plus il pourra déployer ses compétences et accroître sa valeur ;
  • etc.

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Voici les références complètes des ouvrages cités dans l’article :

  • Handley, Ann. Le guide des écrits web percutants. Paris : Vuibert, 2020, 286 pages.
  • Debois, François. Goff, Arnaud. Chenevier, Emmanuel. La boîte à outils de la créativité. Paris : Dunod, 2019 (3e édition), 192 pages.
  • King, Stephen. Écriture. Mémoires d’un métier. Paris : Albin Michel, 378 pages.

À bientôt !

Nicolas Delforge, ancien élève Origami 5 et coach FRW.

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